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L'un des meilleurs Cottafavi découverts jusqu'ici pour un très beau mélodrame. Contrairement à Fille d'amour, l'histoire et la réalisation sont uniquement centrées sur le personnage féminin pour un beau portrait, toujours filmé avec un réelle délicatesse. Le cinéaste joue beaucoup sur des subtiles variations de focales pour changer légèrement les perspectives des pièces où se déroulent certains moments clés. Une manière aussi d'exprimer habilement les différentes perceptions que l'héroïne a des hommes qui l'entourent et qui influent directement sur sa vision comme elle le dit elle-même lors d'un dialogue.
Encore plus remarquable est l'utilisation des extérieurs et de la très grande profondeur de champ. Surtout lors de la première partie qui correspond aux moments où l'héroïne est encore transportée par l'amour qu'elle porte au chef d'orchestre et qui contraste alors avec les séquences où celui-ci est absent et qui prennent place dans des intérieurs cloisonnés sans réelle ouverture sur le monde ou un chantier sans perspective.
Pour convoquer cet élan amoureux, Cottafavi compose ainsi sans aucun doute son film le plus technique avec de longs plans et des mouvements de caméra complexes qui traversent des pièces, changent de trajectoire, effectuent de légers balanciers flottants ou changent de trajectoire. Autant de travellings qui correspondent à une symphonie intérieure, la musique étant évidement un motif très important du film avec une brillante utilisation.
Dans ses meilleurs moments, Femme libre donne des séquences fabuleuses, tant dans son frémissement que lors des gouffres soudain de solitude. Chaque fois la tension repose sur sa seule mise en scène : le premier concert, la conversation en haut de marches dominant une large place grouillante d'activité avec un immense boulevard en point de fuite qui semble illimité, les séquences sur les terrasses dominant la mer et qui deviennent tout à coup étouffantes quand l'héroïne se rend compte que la passion n'a qu'un temps ou bien le face à face entre les deux protagonistes masculins où le découpage traduit intelligemment l'isolement du mari devant celui qu'il devine être l'ancien amant. Ca veut implique aussi un solide sens du décor et ce n'est pas pour rien que l'héroïne est architecte d'intérieur puisque c'est elle qui décore l’appartement (sans le savoir) sa future maison... qu'elle a meublé de grande colonne formant rapidement des barreaux de prisons géants.
Une manière de raconter beaucoup de chose sans passer par des dialogues et donc d'alourdir le film. L'atmosphère a ainsi quelque chose de crépusculaire et fataliste, une révolte sourde. D'ailleurs chez Cottafavi, les climax émotionnels sont souvent muets.
Malgré ses grandes qualité, le film n'est pas parfait avec un rythme parfois languissant et un dernier acte plus prévisible où le rebondissement autour de la soeur est un artifice assez facile pour prétexter un meurtre (hors-champ) qui ouvre le film et lancera un flash-back, afin de se rapprocher une nouvelle fois de la tragédie puisque le dénouement funeste nous est annoncé dès le début.
Créée
le 1 janv. 2018
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