Un agent secret américain, Mike Warner, est chargé par la CIA de retrouver un jeune homme de 17 ans qui a inventé une bague permettant de paralyser le système nerveux, et dont le service pense qu'il a été enlevé par les Russes.
Il est intéressant de se dire que Marcel Ophuls s'est cherché avant de devenir le documentariste de talent que l'on connait avec Le chagrin et la pitié ou Hôtel Terminus. Avant cela, il avait tourné trois films de fiction, aux noms évocateurs (Peau de banane et Duel à la vodka), Faites vos jeux, mesdames (ou Feu à volonté) étant le second. Et je dois dire que c'est tout à fait dans la lignée de ce qu'a fait Eddie Constantine depuis les années 1950, à jouer les agents secrets forts en gueule, séducteur en diable, avec toujours le bon mot pour désosser les méchants, le tout filmé en noir et blanc avec une postsynchronisation dégueulasse, vu que c'est un énorme melting-pot culturel. Avec notamment la présence de Nelly Benedetti, Laura Valenzuela, Daniel Ceccaldi ou encore Louis Davila, on a droit au charme (avec une scène de baignade où Laura Valenzuela nage nue, gratuitement !), à de la bagarre (avec ces bruitages typiques quand Constantine colle des bourre-pif), et une histoire d'espionnage qui surfe allègrement sur le sentiment américain envers les soviétiques durant la guerre froide. A noter des scènes amusantes où à chaque fois qu'un méchant est frappé par quelqu'un qui porte cette bague paralysante, le son fait croire que quand il s'écroule, on dirait un arbre qui s'abat !
Marcel Ophuls n'avait que peu d'estime pour ses films de fiction, car il n'avait pas encore trouvé sa voie en-dehors du prestige qu'avait son père, mais là, c'est une connerie à peine distrayante. Même la série des Lemmy Caution est meilleure, c'est dire...