Un groupe d'amis se retrouvent après de longues années. Apparemment, Angel, dit Le Prophète, individu supposément dangereux et interné en hôpital psychiatrique, est l'instigateur de leurs retrouvailles. Les jeunes gens se rendent compte au fur et à mesure qu'il n'est pas à l'origine des événements troublants qui se déroulent sous leurs yeux. Pannes, disparitions inexpliquées des habitants, voitures qui ne fonctionnent plus... Dans ce The Descent en pleine nature, sans effusions de sang ni monstres chaotiques, ils vont devoir se serrer les coudes face à ce phénomène inexplicable. Mais, peu à peu, ils disparaissent un à un, et semblent en fait confrontés... à une attaque extraterrestre.


Le pitch peut vous donner envie, et c'est fait pour. En réalité, vous ne verrez jamais quoique ce soit. Comme pourrait le faire Drake Doremus avec Equals, Shyamalan avec Signes (il y a des milliers d'exemples), le réalisateur espagnol Jorge Torregrossa utilise cet univers post-apocalyptique (dont vous ne verrez jamais rien) pour symboliser son propos et le suggérer, plus que pour parler de l'univers dans lequel évoluent les personnages. Ainsi, les personnes qui disparaissent mystérieusement sont celles que l'on ne regarde pas, qui sont seules. Et c'est d'ailleurs à l'image du héros du film, qui a payé une femme pour qu'elle fasse croire aux autres qu'elle est sa compagne. Une idée un peu saugrenue qui fonctionne pour le propos du réalisateur, qui souhaite montrer que l'amour de son prochain est une chose bien rare et inestimable. Il achète cet amour au lieu de réellement le vivre. Un pied de nez à l'essence même du film. Survivra-t-il aux disparitions pour autant ? Pas si sûr...


Si le scénario est plutôt bien trouvé, le traitement du film est assez catastrophique, tant dans la direction d'acteurs que dans la mise en scène, qui ne laisse jamais la place à la peur, à l'angoisse, à la frustration, à la colère. Les événements sont au service d'un rythme extrêmement linéaire, où les disparitions s’enchaînent après des apparitions quasi-bibliques d'animaux, qui n'ont aucun réel intérêt. Il ne se passe pas grand chose, ni dans les rapports humains ni dans l'atmosphère éteinte du film. Là où le fantastique suggéré peut être très bien géré, comme dans Another Earth, où la photographie est exceptionnelle, ici les plans sont ternes et peu riches, malgré le cadre idéal de cette ballade mortuaire. Fin laisse un goût d'inachevé énorme, celui d'une mise en abîme incroyable ; il disparaîtra comme ses protagonistes, dès le lendemain du visionnage.

EvyNadler

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3

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