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le 21 sept. 2020
Suivre20th century boys
D’abord des petits riens, d’abord Ocho qui débarque à Barcelone, qui se perd, investit l’appartement qu’il a loué, se balade le soir, drague en ligne, se branle un peu. Regarde les gens, mange en...
Les temps sont à la célébration des villes espagnoles. « Eva en août » (2020), de Jonás Trueba, emboîtait le pas d’Eva, lors d’une déambulation estivale au cœur de Madrid. Après plusieurs courts remarqués, le premier long-métrage de Lucio Castro nous entraîne à Barcelone, dans le même climat d’ouverture aux rencontres et à la jouissance que favorise l’été. Mais c’est sur un homme, Ocho (Juan Barberini), que la caméra de Bernat Mestres centre ses longs plans fixes savamment composés, mais si animés que l’on y perçoit plus la mobilité que le statisme.
La question du temps, présente dès le titre et à travers une préoccupation visant le tournant des années 2000, s’impose rapidement comme centrale. Le montage, très subtil, traverse les époques, à l’occasion des rencontres successives qui mettent en contact Ocho avec un homme que son chemin croise obstinément, Javi (Ramon Pujol). Rencontres électriques, qui provoquent de longs déversements verbaux, avant ou après la jonction des corps. Ces échanges évoquent les partenaires, masculins ou féminins selon les époques, et font apparaître la profonde connivence qui unit ces deux hommes, même si leurs destins ne sont pas d’emblée noués.
Les allées et venues dans le temps ne suivent pas un fil purement chronologique, mais sont finement amenées par des parenthèses s’ouvrant à la faveur d’une conversation ou d’un jeu d’échos d’une scène à l’autre. C’est ainsi un mode très mental qui semble présider à l’organisation du scénario. Même volonté de naturel dans le traitement de la lumière qui, bannissant les projecteurs, fluctue au gré des nuages et illustre la fragilité de l’existence, la mutabilité des choses et des liens.
Le réalisateur d’origine argentine livre ici un film débordant de sensibilité, tout entier centré sur le frémissement du monde.
Créée
le 19 sept. 2020
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