Luc, un junkie à la dérive, tente de reconquérir sa femme qui l’a quitté, de récupérer sa fille confiée aux services sociaux et pour couronner le tout, de se sortir littéralement la tête des chiottes…
Pour son premier long-métrage, Grégory Morin (Paris by Night of the Living Dead - 2008) nous entraîne dans un huis-clos improbable. Le spectateur se retrouve séquestré dans les toilettes situées au sous-sol d’un bar où Luc est malgré-lui mêlé à un trafic de drogue avec pour conséquence de se retrouver bêtement la tête coincée au fond d’une toilette turque ! Il va devoir se démener toute la soirée s’il veut pouvoir se dépêtrer de cette fâcheuse situation mais comble de la malchance, il va enchaîner les déboires et la nuit s’annonce longue…
Au premier abord, un huis clos dans les toilettes, on peut trouver ça absurde, voire rebutant, mais le réalisateur parvient haut la main à maintenir le rythme, si bien que les 70 petites minutes défilent sous nos yeux sans même que l’on y prêtent attention. Le film parvient avec beaucoup de facilité à nous entraîner dans son délire loufoque (et assez crade, il faut bien l‘admettre). Si le film nous épargne (de justesse) les clins d’oeil scatologiques (inhérent au lieu où se déroule l’intégralité de l’action), on n’échappe pas cependant à d’innombrables séquences pouvant donner des haut-le-cœur
(on pensera notamment à la séquence du tampon hygiénique, du rat toxico avec sa boulette de coke ou encore l’oreille sectionnée).
Bien évidemment, le film ne serait pas ce qu’il est sans la prestation de Jonathan Lambert qui excelle en junkie la tête coincée au fond de la cuvette
(on gardera en mémoire l’hilarante scène de la trachéotomie et tout ce qui en découle, ainsi que celle du glory hole).
Flush (2025) est un petit film au budget dérisoire et tourné en 3 semaines (sur plusieurs années !) qui bluffe par sa montée en puissance et ses innombrables rebondissements. Enfin, impossible de ne pas penser à Wetlands (2013) de David Wnendt, pour le côté trash et cradingue des WC publics ou à Gaspar Noé (pour la mise en scène).
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