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le 19 déc. 2025
Gabriele Mainetti est en train de s'imposer comme l'un des artistes les plus genrés du cinéma italien. Rien de sexuel là dedans car, loin des bisseries dont l'Italie nous avait habitué dans les années 70 et 80, il se pose plutôt comme un auteur classique, s'inspirant sans copier des différents types de cinéma de genre. C'est ainsi qu'il revisite le film de super-héros en 2015 avec "On l'appelle Jeeg Robot" et rend un hommage magnifique aux freaks de cinéma 6 ans plus tard avec "Freaks Out". Aujourd'hui, c'est aux films d'arts martiaux que décide de s'attaquer Mainetti avec ce "The Forbidden City" d'excellente facture.
L'ouverture du film nous met d'emblée une grosse claque. Les chorégraphies de baston sont excellentes, les idées visuelles (rien de tel qu'une cuisine pour rendre l'action plus sanguinolente et jouissive) sont là et nous rappeleraient presque ce qu'un certain réalisateur américain a apporté au genre avec son "Kill Bill". Si cette séquence constitue sans doute le climax en termes d'action, la suite nous offrira tout de même quelques beaux moments, notamment un passage enfumé chargé de tension dans une usine désaffectée. Sur ce point là, rien à dire même si en plaçant la barre très haute dès l'introduction, on ne peut que se sentir légèrement lésé sur la suite du film au niveau de l'action. Mais, celà étant posé, c'est à un tout autre endroit que réside la véritable force du film.
Car oui, "The Forbidden City" est aussi une histoire d'amour. Peut-être pas la plus originale ni la plus belle qui nous a été donné de voir ces derniers temps mais elle constitue la base du coeur du film. Et en parlant de coeur, il s'agit bien ici de l'émotion et de la bienveillance portées par cette histoire. On le savait déjà, depuis "Freaks Out", Mainetti est un fervent défenseur des marginaux. A une époque où l'Italie a fait le choix d'un repli sur elle-même, l'histoire qui nous est contée ici préfère célébrer la mixité culturelle et le partage. Pas de niaiserie pourtant car entre les mandales et les coups de pieds retournés se cache un message très fort sur une Italie qui refuse le changement d'une part et une autre qui apprend à composer avec son époque en assimilant le fait que les cultures des divers horizons se complètent et ne se concurrencent pas. D'un cuisto d'Asie centrale cuisinant les pastas à l'italienne en passant par un fils de mafieux chinois adepte du rap à l'italienne, Mainetti tente de mettre à jour la véritable richesse de la ville éternelle. La dernière partie du film est en celà une véritable confrontation entre ces deux Italie, un marqueur d'une époque nouvelle que le réalisateur italien choisit de placer sous le signe de l'ouverture à l'autre.
Coloré, amusant, virevoltant, touchant, que de qualificatifs pour ce film qui prouve encore une fois que le cinéma de genre à de belles heures devant lui sur le continent européen et qu'il se placera toujours en porte-étendard face à l'obscurantisme de toutes les époques.
Créée
le 8 avr. 2026
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