Les derniers feux du giallo n’ont pas forcément su extraire ce qui faisait la spécificité du cinéma des années 80. Seuls les maîtres du genre, à l’image de Dario Argento ou de Lucio Fulci, sont parvenus dans certains de leurs films à tirer d’autres ficelles d’un genre devenu terriblement répétitif. Souvent plus sanglants, plus extrêmes, leurs giallos de cette décennie parviennent à conserver cette veine subversive qui en est son fondement. Difficile de dire que ce Formule pour un meurtre apporte quoi que soit au genre. D’ailleurs, ce n’est pas un vrai giallo. Si les premières scènes le rattachent pleinement au genre (trauma de l’enfance, musique en forme de comptine, poupée, mains gantées et meurtre à l’arme blanche), la suite s’en éloigne totalement. En fait, ce film est un simple thriller où un homme veut épouser une riche paraplégique pour la tuer et lui ravir son magot.
Rien de giallesque là-dedans, mais davantage la reprise d’un sujet éculé où les tous les coups sont permis pour tuer la gentille femme riche tandis que le méchant et sa maîtresse tirent les ficelles en coulisses. L’idée est ici de la rendre cinglée en s’appuyant sur son trauma de jeunesse. Le résultat est bien mou et le développement manque singulièrement d’imagination. Les multiples péripéties montrant l’affreux mari mettre en place ses stratagèmes frôlent souvent le grotesque et celui-ci aurait fait un bien piètre candidat pour challenger Columbo. Comment pourrait-il en effet échapper à la police ayant et le mobile et le moyen et l’opportunité ?
Traité à un train de sénateur, dépourvu de tension et prévisible jusqu’à son dénouement, l’ensemble s’apparente à un téléfilm exploitant un scénario qui ne brille pas par son originalité. Cela se regarde, certes, mais on s’y ennuie poliment. L’éditeur « Le Chat qui fume » propose de superbes produits. Dommage que son catalogue soit rempli de films de seconde zone qui ne méritent peut-être pas autant d’attention.