Le titre original, "7, Hyden Park – La casa maledetta", laisse croire qu'il s'agit d'un film d'horreur italien. En réalité, Alberto di Martino pond là un giallo tardif. L'histoire d'une riche femme en fauteuil roulant, très sportive. Son entraîneur lui fait de l'oeil, et ils se marient. Mais notre héroïne commence à avoir des hallucinations autour du trauma à l'origine de sa paralysie, tandis que quelqu'un exécute sauvagement des prêtres des environs...
Les meilleures scènes sont les 6 premières minutes du film. Un flashback dérangeant sur le trauma de l'héroïne. Puis un meurtre en mode baroque dans une église, qui évoque au passage de troublantes similitudes avec une scène de "In Bruges" (Martin McDonagh s'en serait-il inspiré ?).
La suite sera plus molle. La tension met un peu de temps à arriver, et l'on devine assez vite ce qui peut se tramer en coulisse. Aussi Alberto di Martino n'est pas dupe, et révèle le pot aux roses au bout de 30 minutes. Pour autant, il a du mal à vraiment jouer de cette révélation, si ce n'est pour livrer quelques scènes sympathiques.
A ce niveau, on parle de giallo, mais on est plutôt dans la version 60's que celle plus caractéristique des 70's. Certes, on compte quelques lames de rasoir, une poignée de plans baroques au grand angle, et un tueur occasionnel, masqué et chapeauté. Mais on est surtout dans de l'embrouille entre bourgeois pour récupérer un magot, formellement plus sage. Comme le faisait le genre avant que Dario Argento ne le fasse exploser, avec "L'uccello dalle piume di cristallo".
Jusqu'au final plutôt amusant : une longue confrontation entre notre héroïne et son adversaire, dans une maison mal éclairée. Un passage en roue libre qui flirte régulièrement avec le grand guignol, que j'ai pris avec sourire.
A noter que le film a été régulièrement comparé à "Taste of Fear", produit par la Hammer. Un thriller où l'héroïne en fauteuil roulant est victime de manipulations et autres coups de pression. Ceci dit, au-delà du concept, je trouve les deux films très différents... si ce n'est que le titre italien de "Taste of Fear" est "La casa del terrore", d'où peut-être l'accentuation des comparaisons ?