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Il est de retour !

He’s alive, he’s alive !

Le maître du fantastique poétique fait son grand retour en 2025, toujours accompagné de la plateforme de streaming rouge, Netflix, qui lui confie la somme colossale de 150 millions de dollars afin de proposer une nouvelle adaptation du roman de Mary Shelley : Frankenstein ou le Prométhée moderne.

Une adaptation très attendue, tant le projet se faisait désirer. En effet, Guillermo Del Toro rêvait de réaliser ce long métrage depuis 2008, mêlant à la fois une fidélité au roman originel et une approche tragique inspirée de ses contes et de son cinéma si singulier.

Nous voilà donc face à une œuvre ô combien ambitieuse, par la démesure qu’entreprend Del Toro : une vision extrêmement sombre, empreinte de mélancolie et de tragédie, sublimée par des décors somptueux et cette volonté farouche de livrer le film le plus fou de la fin d’année 2025.
Deux heures et demie d’horreur et de tragique, portées par un casting de haut vol : Oscar Isaac, Jacob Elordi — véritable révélation de ce nouveau film —, Mia Goth, ou encore Christoph Waltz, que l’on retrouve quelques mois après le Dracula de Luc Besson.

Tout semblait réuni pour faire de ce Frankenstein le film-somme de la carrière de Guillermo Del Toro : des thématiques proches de celles explorées dans Nightmare Alley, mais enrichies de ce fantastique humaniste qu’il maîtrise à la perfection. Le cinéaste opère toutefois un léger virage dans sa vision du mythe : ici, il ne s’agit plus du monstre, mais de la créature, d’un être vivant et évolué, et non d’un simple assemblage de cadavres recousus. Une approche qui apporte un souffle nouveau à l’œuvre originale de 1818.

On se souviendra de la versions la plus fidèle à ce jour , le « Mary Sheilley’s Frankenstein » de Kenneth Branagh se voulant être un œuvre fidèle à l’image d’un Dracula de Coppola mais restant tout bonnement sage et conforme malheureusement sans aucune folie visuelle ou narrative.

Ainsi, ce Frankenstein version Netflix, ou plutôt version Del Toro, est-il l’expérience inédite et terrifiante que l’on espérait, fidèle à l’esprit du maître mexicain du fantastique ?
Ou bien s’agit-il d’une nouvelle désillusion, à l’image de tant de projets formatés par la plateforme ?

Après une attente interminable, cette nouvelle adaptation du chef-d’œuvre de Mary Shelley signée Guillermo Del Toro s’impose comme une réussite presque totale.

Dès les premières images, on retrouve toute la démesure artistique du cinéaste. Ses plans larges, d’une beauté vertigineuse, laissent ses comédiens évoluer dans des décors gothiques somptueux — le laboratoire de Frankenstein, le bateau, le château de Victor enfant… Chaque lieu respire l’authenticité et témoigne d’un profond respect pour l’œuvre originale de Shelley. La direction artistique, grandiose, confirme une fois encore le savoir-faire inégalé de Del Toro.

Mais la plus grande force du film réside sans doute dans sa fidélité au roman de 1818, tout en y insufflant une dimension humaine et poétique inédite. Jacob Elordi, surprenant dans le rôle de la créature, livre une interprétation bouleversante. Del Toro ne cherche pas à en faire un monstre effrayant, mais un être tragique et presque divin, dont le maquillage rappelle les ingénieurs de Prometheus. Ce choix renforce le caractère à la fois monstrueux et sublime du personnage.

Face à lui, Oscar Isaac incarne un Victor Frankenstein complexe, à la fois brillant et égoïste, tout en nuance. Mia Goth apporte une douceur mélancolique à la deuxième partie du film, explorant une relation trouble et poétique avec la créature. Autour d’eux, un casting de haute volée complète parfaitement l’ensemble, avec notamment Christoph Waltz, Lars Mikkelsen et Charles Dance, chacun apportant une touche d’authenticité.

Certains passages peuvent sembler un peu longs — le film dure 2h30 — et quelques dialogues manquent de rythme, mais la richesse visuelle et émotionnelle de l’ensemble fait vite oublier ces faiblesses.

Avec Frankenstein, Guillermo Del Toro signe une adaptation à la fois monstrueuse, romantique et profondément poétique. Son regard mêle la beauté du tragique à la puissance du mythe, porté par le duo Elordi-Isaac, absolument captivant. Qu’un tel film voie le jour sur Netflix relève presque du miracle, tant la plateforme peine parfois à offrir des œuvres d’une telle ambition. Et pourtant, Del Toro livre ici l’un de ses films les plus fous, les plus personnels et sans doute l’un des meilleurs de l’année. Une œuvre unique, à voir absolument.

Frankenstein (2025) : ????????????????????

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le 7 nov. 2025

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