Ne connaissant pas le roman de Mary Shelley, votre serviteur se gardera donc bien d'effectuer le moindre commentaire sur l'adaptation du roman. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle version de "Frankenstein" est un nouveau chapitre évident de la filmographie de Guillermo del Toro, car les thématiques qu’on y trouve font écho à celles de "La forme de l’eau", Hellboy, ou encore "Le labyrinthe de Pan". Sous l’apparat d’un conte à l'esthétique gothique somptueusement léchée (qui rappelle aussi "Crimson Peak" dans la forme), le réalisateur nous raconte l'humanité et son instinct belliqueux. On assiste à une captivante chute dans la folie créatrice du personnage du Docteur Frankenstein. Le film est tour à tour un thriller angoissant, un drame romantique intense, mais il demeure par dessus tout un remarquable conte philosophique, tant il offre une somme de questionnements nécessaires à l'épanouissement de nos sociétés. Il s’agit d'interrogations sur la science , la vertu, la différence, la fraternité.
Le film propose dans sa dernière partie une lueur d'espoir fort intéressante, où la paix serait possible entre les êtres , derrière la monstruosité et la violence. Elle se travaille, elle ne va pas de soi, mais elle existe.
Guillermo del Toro signe une fois encore un magnifique tableau cinématographique à l'écriture ciselée, servi par un excellent casting, ainsi qu’une puissante partition de Alexandre Desplat