To live and let sigh
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L’annonce d'une adaptation de Frankenstein par Guillermo del Toro a suscité une attente immense, et le Maestro des contes gothiques ne déçoit pas. Loin d’être un simple spectacle horrifique, ce film est une œuvre d’une profondeur émotionnelle rare, un poème sombre sur l’abandon, l’hubris scientifique et la véritable nature de la monstruosité. C’est la transcription la plus fidèle, intelligente et visuellement somptueuse du roman de Mary Shelley. Del Toro ne filme pas Frankenstein ; il le ressuscite.
Le cinéma de Del Toro est avant tout une affaire de beauté vénéneuse. L'esthétisme léché du film est une claque visuelle, nous plongeant dans une Europe du XIXe siècle sombre et brumeuse. Chaque plan est une composition obsessionnelle, jouant avec les ombres pour rendre le macabre élégant, rappelant l'atmosphère de Crimson Peak. L’horreur n’est pas visuelle par l’excès de gore, elle est environnementale, résidant dans la froideur des laboratoires et l'architecture oppressive. Le souci du détail, comme les cercueils anatomiques historiques, ancre le récit dans une richesse formelle qui fait de l'esthétisme un langage philosophique.
Au cœur du récit se trouve la Créature, loin des clichés, un patchwork humain d’une intelligence vive et d’une sensibilité profonde. Son désir est simple : l'acceptation et un sens à son existence involontaire. Le film met en lumière le cruel paradoxe : la Créature est victime de Victor Frankenstein, un homme rongé par l’hubris et la vanité. Son rejet initial est l'acte de cruauté fondateur, le péché originel.
Del Toro utilise cette dualité pour questionner : Qui est le véritable monstre ? Le film répond que c'est celui qui refuse d’assumer les conséquences de son ambition, utilisant la Créature comme un miroir de nos peurs sociales.
Il est crucial de noter que Frankenstein est un film contemplatif qui se déroule lentement. Ce rythme n'est pas un défaut, mais une nécessité philosophique pour laisser l'émotion et la tragédie s'installer, respectant le genre littéraire du roman de Shelley. Le film nous force à réfléchir sur notre responsabilité face à la création, un écho puissant à notre ère technologique.
C’est une œuvre poignante qui exige de la patience, mais offre en retour une analyse psychologique riche et une beauté formelle rare. Une version de référence à voir absolument pour les amateurs de drames gothiques.
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il y a 4 jours
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