Est-il vraiment nécessaire de présenter Frankenstein ? Créature qui a été inventé sur le papier par Mary Shelley il y a déjà plus de deux cents ans, icône de l’horreur-épouvante bien avant Dracula, il a été l’un des premiers monstres porté à l’écran et de nombreux films plus ou moins bons et regardables sont apparus dès 1910 (1931 si on ne prend en compte que les longs-métrages). Il est depuis devenu l’un des symbole du mélange entre progrès technologique et folie des hommes, et ce bien avant l’apparition de la bombe atomique ou de TikTok.
Personnellement, je ne pouvais qu’être impatient et curieux de voir ce monstre sacré de l’épouvante entre les mains de Guillermo del Toro, un cinéaste qu’il n’est pas non plus nécessaire de présenter je pense. Après des adaptations à la limite du vomitif comme l’a été pour moi I, Frankenstein, je l’attendais un peu comme notre sauveur.
Rien à dire sur l’adaptation en temps que telle, et pas besoin non plus de vous résumer l’histoire de Victor Frankenstein et de sa créature. Les menus changements apportés à l’œuvre originelle n’entachent en rien la qualité du récit. L’histoire est fluide et suit son cours, appuyée par le cadrage, le montage et la bande originale qui sont tous trois de qualité. Le jeu des acteurs est bon, très bon même, rien à redire en tout cas pour les personnages principaux et la plupart des personnages secondaires.
Mais le gros point fort, c’est la "touche del Toro" : à savoir l’esthétique du film, qu’il s’agissent des décors, de l’utilisation de la lumière et de l’étalonnage, et bien sûr des costumes et de l’apparence du monstre. On pénètre pleinement dans l’univers visuel du cinéaste, le film s’ancre dans ce que le réalisateur a pu nous offrir de mieux durant l’ensemble de sa carrière. On pense forcément au Labyrinthe de Pan ou à La Forme de l’Eau, et on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec ce dernier. Là encore, le monstre nous apparaît plus humain que l’être humain, intérieurement monstrueux. Le spectateur ne peut que ressentir à la fois l’égoïsme du scientifique qui veut réussir son objectif au détriment de toute morale ainsi que la détresse de cet être qui n’a jamais voulu vivre sans non plus pouvoir mourir. le monstre ressent, aime, souffre. L'homme réussit ou détruit. Ainsi, souffrance et monstruosité sont présentes mais pas de la manière la plus évidente qui soit au premier abord. Et c’est selon moi une retranscription parfaite du propos que nous offrait Mary Shelley en 1818, quand elle a révolutionné la littérature d’épouvante.
Je ne tiens pas à en dire plus, je préfère vous laisser profiter de ce bon film, vous laisser redécouvrir ce classique qui malgré les siècles passants est toujours actuel et au cœur de notre société. Doit-on perdre notre humanité et devenir un monstre pour satisfaire nos ambitions et nos désirs les plus profonds ? Il est probable que Frankenstein soit au somment de mon top films de 2025, mais je vous laisse vous faire votre propre avis là-dessus.