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le 8 nov. 2025
SuivreUne création sans âme !
Dès les premières minutes, ça sonne faux et j’ai su tout de suite que ça n’allait pas le faire. Les décors alternent, sans la moindre harmonie, entre fonds verts criards, CGI dégueulasses — je...
Personne n’a réellement été surpris d’apprendre que Guillermo del Toro allait s’atteler à Frankenstein. Pour un réalisateur qui a fait des monstres sa signature, c’était presque une évidence. Chez lui, les créatures ne sont jamais tout à fait les antagonistes : elles sont même souvent les plus humaines de ses récits. Et comme Mary Shelley fut l’une des premières à inverser cette logique, l’adaptation semblait du pain bénit pour Del Toro.
Mais alors, en adaptant un roman qui est déjà à l'inverse des normes de son genre, comment Guillermo del Toro peut-il réinventer ce récit ultra-culte, et se réinventer lui-même par la même occasion ?
Eh bien... Il ne peut pas.
Le film suit le récit original, à quelques variations près. On y découvre Victor Frankenstein (Oscar Isaac), fasciné dès l’enfance par les lois de la nature, jusqu’à son terrible acte de création. Le film se découpe en deux parties : la première du point de vue du créateur, la seconde de celui de la créature.
Si vous n'aviez pas compris le message de l’œuvre originale, n'ayez crainte, Del Toro n'aura cesse de le répéter tout au long du récit : "le vrai monstre, c'est l'homme !". Je ne m'attendais pas particulièrement à un message subtil, mais de là à se le voir recracher tout du long des 2h30 du film... Il aurait dû avoir plus confiance en ses spectateurs.
Le film, d’un manichéisme confondant, ne laisse que peu de nuances à ses personnages : Victor, cruel et glacial, fait face à une créature d’une innocence presque angélique. Même Elizabeth, pure incarnation de bonté, en devient irritante.
La deuxième partie du film, même si elles conservent tous les défauts évoqués précédemment, est plus agréable à suivre. Elle prend un aspect de conte plus assumée, donc le manichéisme prend un peu plus sens et est moins dérangeant (moins). On suit beaucoup plus la créature, qui est jouée par Jacob Elordi, et on touche ici au meilleur point du film. En effet, cet acteur est incroyable dans ce rôle, il arrive à la fois à incarner la force brutale et la délicatesse du personnage. J'ai pris beaucoup de plaisir à voir son jeu d'acteur, et il fait remonter la pente à un film qui commençait à sérieusement m'agacer par sa mièvrerie et son manque de profondeur. Le personnage d'Elizabeth a droit elle aussi à une jolie scène dans cette partie. C’est dans ces moments-là que le film retrouve un souffle, jusqu’à une très belle fin qui diffère du roman, sans doute le seul ajout vraiment pertinent de Del Toro.
Reste que les défauts sont ceux qu’on retrouve désormais dans sa filmographie depuis Hellboy II : des thèmes recyclés, des questionnements métaphysiques creux, et une naïveté désarmante. Del Toro continue de poser les mêmes questions sans jamais les creuser, et en y apportant toujours des réponses simplistes. Il a su pourtant être moins lisse autrefois, comme par exemple Le Labyrinthe de Pan, un conte à la fois beau et cruel. Même sa version de Pinocchio, dont je ne suis pourtant pas fan, sait se montrer bidimensionnelle.
Sur la forme, en revanche, rien à redire. Bien évidemment que le film allait être visuellement magnifique, il n'a pas failli à cette promesse. Les costumes, les décors et la musique sont somptueuses. Tout cela instaure une vraie ambiance gothique comme Del Toro sait si bien faire. C’est ce qui m’a empêchée de m’ennuyer complètement.
En somme, si vous avez aimé les réalisations et productions de Guillermo del Toro depuis ces dernières années, ce film sera absolument fait pour vous. Toutes ses thématiques fétiches (et je dis bien, TOUTES) sont présentes, ainsi que tous les archétypes qu'il aime représenter.
Si, comme moi, vous espériez qu’il se renouvelle enfin, Frankenstein ne sera pas la réinvention tant attendue...
Créée
le 12 nov. 2025
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