9
1419 critiques
ALIVE !!!
Le monstre, enfermé dans le château, regarde vers le haut. Illuminé d'en haut, il lève ses mains vers un ciel qu'il ne peut pas atteindre. Puis, le professeur ordonne de fermer la trappe, et la...
le 29 sept. 2014
Support: Bluray
La découverte de la version del Toro de Frankenstein m’a donné envie de combler l’une de mes lacunes qui traînait depuis trop longtemps dans le tiroir des “un jour sans doute”, à savoir les monstres classiques du studio Universal. Je n’avais à ce jour vu que Creature from the Black Lagoon, et pas dans les meilleures conditions. Ni une, ni deux, je me trouve un coffret en forme de cercueil qui reprend huit des piliers du studio et démarre le cycle avec Dracula de Tod Browning. Si ce dernier m’est apparu comme une curiosité cinéphilique sans réel intérêt outre son importance historique et culturelle, je me réjouis par contre de m’être régalé devant le Frankenstein de James Whale.
Il est également directement tiré d’une pièce, mais il joue dans une toute autre catégorie. La théâtralité ne concerne plus que certaines expressions des comédiens, le film se parant d’une richesse visuelle qui tire dans les (car)pattes du vampire campé par Lugosi.
Outre l’esthétique irrémédiablement constitutive du personnage dans l’esprit des gens depuis presque un siècle, Whale emprunte à l'expressionnisme allemand dans l’élaboration de son image : là les décors biscornus façon Caligari de la tour de guet abandonnée, gothique à souhait, ici les jeux d’ombres qui s’allongent alla Nosferatu. Tout est déformé, des projets du scientifique fou au personnage du bossu, absent de la nouvelle originale.
L'œuvre présente un caractère faussement désuet de l’approche scientifique du comportement et de la morale par des facteurs entièrement biologiques plutôt que par des facteurs environnementaux. Une affirmation démentie par ce que raconte in fine le film, faisant des stimuli externes la cause des actions des créatures : on le bat, il frappe en retour, on lui sourit, il est béat. C’est un enfant qui répond par mimétisme et que le jeu muet de Boris Karloff vient mettre en totale empathie pour le spectateur. Et ce malgré l’horreur de la mort de Maria, décuplée par la déambulation funéraire du père en pleines festivités. On comprend l’accident, et voir la créature penchée au-dessus de la rivière dans une expression mêlant rires et larmes à quelque chose de déchirant. Il est confus et ne saurait exprimer ce qui le traverse, ne le comprenant lui-même pas.
Ce qui frappe également, et notamment par rapport à l'œuvre de del Toro, c’est la concision du récit qui démarre là où une heure s’est déjà écoulée chez le mexicain, alors que Frankenstein assemble des bouts de cadavres déterrés. On va à l’essentiel, tout comme pour les proches du scientifique qui n’ont pas besoin d’expliciter les relations qu’ils entretiennent avec lui, celles-ci passant directement par leurs interactions. L’hubris du docteur n’est même pas impliquée, elle est directement explicité par une citation qui aura valu censure dans certains états pour son caractère blasphématoire : "In the name of God? Now I know what it feels like to BE God!".
Il est indubitable que le caractère très condensé du récit joue en faveur de son efficacité, surtout pour une découverte en 2025, tant tout ce qu’il a à raconter irrigue notre imaginaire populaire et peinerait à surprendre aujourd'hui. Mais le film de James Whale ne se contente pas des thématiques de Shelley et possède une réelle richesse visuelle et émotionnelle que ne laissait pas présager Dracula. J’ai hâte de découvrir The Invisible Man et Bride of Frankenstein du même cinéaste.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films se déroulant au XIX° siècle, Les meilleurs films de 1931, La Fracassante Filmothèque de Frakkazak, Les meilleurs films avec Boris Karloff et Les meilleurs films de science-fiction horrifiques
Créée
le 4 déc. 2025
Critique lue 5 fois
9
1419 critiques
Le monstre, enfermé dans le château, regarde vers le haut. Illuminé d'en haut, il lève ses mains vers un ciel qu'il ne peut pas atteindre. Puis, le professeur ordonne de fermer la trappe, et la...
le 29 sept. 2014
7
1448 critiques
Neuf mois après "Dracula" par Tod Browning, c'est au tour de "Frankenstein" de prendre vie à l'écran, ici sous la caméra de James Whale qui adapte l'oeuvre de Mary Shelley. Alors que le Dracula de...
le 15 oct. 2014
7
1828 critiques
Je mets ce titre de critique (qui est le sous-titre du roman) en hommage à Mary Shelley, jeune romancière anglaise, épouse du poète Shelley et amie de Lord Byron, dont on s'est toujours demandé...
le 6 oct. 2018
10
872 critiques
J'avais commencé une partie en début d'année, et avait lâché l'affaire par frustration, ayant perdu tous mes geos dans une zone que je trouvais imbuvable (Soul Sanctum) après 3-4h de jeu. Mais devant...
le 15 oct. 2019
2
872 critiques
Il était couru d’avance que Brave New World serait une daube. De par la superhero fatigue qu’a instauré la firme de Mickey par l’amoncellement de produits formaté sur les dix-sept dernières années...
le 10 mars 2025
4
872 critiques
Alors qu’à chaque nouvelle itération de la formule qui trône comme l’une des plus rentables pour la firme française depuis déjà quinze ans (c’est même rappelé en lançant le jeu, Ubisoft se la jouant...
le 10 oct. 2023
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème