Frankenstein est l'une des plus grandes œuvres littéraires écrites par une femme, dans beaucoup de classements elle est LA plus grande. Inutile de dire que si l'œuvre a été adaptée une tripotée de fois, peu étaient vraiment à la hauteur. Je dois dire que c'est sans attente particulière que j'ai regardé cette adaptation pour Netflix de Guillermo del Toro et que j'ai été particulièrement conquis ! C'est que j'ai entendu un critique à la radio dire qu'il y avait beaucoup de macabre et de choses sanguinolentes, et c'est ce qui lui avait déplu qui a éveillé mon intérêt. Pourtant, on partait de loin. D'abord il y avait Netflix... inutile de dire que s'ils diffusent (parfois) de bons contenus (et encore) lorsqu'il s'agit de produire, ils ont vraiment du mal à faire de la qualité (il suffit de voir leur adaptation de The Witcher ou la série Willow immédiatement avortée tellement elle était mauvaise). Bref, aujourd'hui Netflix est devenu un gage de merde ... Quant à Guillermo del Toro j'avais tenté de regarder son récent Cabinet de curiosités, mais sans véritablement accrocher. Il avait tout de même réalisé l'Échine du diable et le Labyrinthe de Pan qui ne m'avaient pas laissé de si mauvais souvenirs. Quant à La Forme de l'eau, les critiques avaient été dures avec lui. Alors il fallait lui laisser sa chance.
Il me semble qu'il respecte assez bien l'œuvre originale. Le film commence, comme son adaptation de 1994 par Kenneth Branagh avec Robert de Niro dans l'océan Arctique. Le navire danois du capitaine Anderson (Lars Mikkelsen) est pris dans les glaces. On entend au loin une étrange créature rugir. C'est le monstre créé par Victor Frankenstein qu'une partie de l'équipage retrouve sur la banquise. Victor va alors raconter sa version de l'histoire au capitaine avant que ce ne soit la créature elle-même qui le fasse dans la dernière partie du film.
La partie recherche de cadavres, et expérimentations est l'une des meilleures du film, et les détails sanguinolents n'y sont pas pour rien. Je ne crois pas qu'un tel niveau ait jamais été atteint dans les adaptations précédentes. Outre ce gore et ce macabre, il y a un contraste incessant avec des images romantiques, respectant parfaitement l'esprit de l'œuvre. Le choix de Jacob Elordi, acteur pour midinettes, pour jouer la créature peut surprendre, et pourtant c'est un excellent choix. Car il change des habituels Boris Karloff et De Niro, dans des interprétations un peu trop brutes de décoffrage. Car c'est sur la sensibilité de la créature que Del Toro veut insister et il a bien raison. Et Jacob Elordi est très juste dans le rôle. Si le choix d'Oscar Isaac pour le rôle de Victor est plus discutable, il fait tout de même le job, mais on aurait aimé un comédien qui ait l'air plus fou. On a également le plaisir de retrouver Christoph Waltz (dans la première partie du film) et ça c'est vraiment sympa ainsi que Charles Dance utilisé comme d'habitude dans le rôle d'un père froid et sévère (oui, je fais bien sûr référence à son rôle dans Game of Thrones). Il y a aussi cette Mia Goth, que je ne connaissais pas. Elle fait le job, mais elle manque selon moi de charisme.
Je ne veux pas trop m'étendre sur le sujet, mais je trouve que cette adaptation est très respectueuse de l'œuvre et rend bien hommage à l'esprit de l'œuvre. Elle est sensible et intelligente. Elle n'est d'ailleurs pas sans rappeler le récent et très réussi Pauvres Créatures de Lanthimos. Je n'ai pas vu toutes les adaptations, donc je ne peux pas dire si c'est la meilleure, mais c'est je pense, la meilleure que j'ai pu voir jusqu'à présent. Good job Guillermo !
Vraie note : 7,7/10