Ce qui frappe immédiatement, c’est l’univers visuel. On est dans un gothique pur, dense, presque pictural. Chaque plan est composé avec une précision incroyable, comme si le film dialoguait en permanence avec la peinture romantique et l’expressionnisme. Rien n’est décoratif : tout sert l’émotion et la tragédie.
La scène qui m’a le plus bouleversé est celle où la Créature prend conscience de son reflet. C’est d’une simplicité désarmante, mais d’une puissance folle. Sans dialogue appuyé, juste par le regard et le silence, le film dit tout sur la solitude, le rejet et la naissance de la conscience. C’est du cinéma au sens noble du terme.
Les performances sont magistrales. La Créature n’est jamais réduite à un monstre : elle est profondément humaine, fragile, tragique. Victor Frankenstein, lui, est montré comme un homme consumé par son obsession, presque déjà mort intérieurement. Cette opposition fonctionne à merveille et donne au film une vraie profondeur morale.
Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est que le film prend son temps. Il assume sa lenteur, son lyrisme, son côté contemplatif. À l’heure des récits formatés, Frankenstein ose être un film grave, mélancolique, et profondément émouvant.
Pour moi, ce n’est pas juste une réussite : c’est un grand film, un vrai hommage au cinéma gothique et à la tragédie humaine. Clairement l’un des meilleurs films que Netflix ait produits, et une œuvre qui restera.