Un film que j'attendais impatiemment, Guillermo del toro transpose sa version du roman de Mary Shelley. 1000 fois adapté, copié, rabâchè, que pouvais je attendre de cette production Netflix réalisé par un amoureux transit des monstres.
De monstre il n'y en a qu'un, forcément, Del toro nous avait habitué à nous faire voyager dans son imaginaire fertile plein de rêves et cauchemars.
Del Toro a toujours exploré le thème de "l'humanité du monstre" et de la "monstruosité de l'homme". Contrairement aux versions Universal des années 30 qui mettaient l'accent sur la terreur pure, Del Toro se concentre sur la mélancolie existentielle de la Créature. On retretrouve les thèmes chère à l'œuvre de Shelley : le savant qui se prend pour Dieu, l'abandon de la créature, la solitude, le rejet, le mépris.
Comme à son habitude, le réalisateur privilégie les effets pratiques et les décors tangibles. Le design de la Créature évite les clichés des boulons dans le cou pour se rapprocher d'une esthétique plus organique, tragique et "ravagée".
Del toro s'approprie l'œuvre originale et ose des transformations plutôt bienvenue comme la force herculèene de la créature et sa capacité régénératrice hors du commun.
Évidemment on ne peut s'empêcher de comparer avec les adaptations précédentes, le classique de 1931 et la version de Brannagh en tête. C'est vrai que la verversion 2025 peut paraître trop longue et l'approche mélodramatique peut diviser.
Le Frankenstein de Del Toro est une œuvre viscérale et poétique. C’est le film d'un homme qui a passé sa vie à collectionner des figurines de monstres et qui livre ici son testament artistique sur la marge et l'altérité. Pas le meilleur Del Toro, en espérant que le bonhomme retrouve vite le chemin des salles obscures.