Le cardiologue Richard Walker (Harrison Ford) et sa femme Sondra (Betty Buckley) reviennent à Paris 30 ans après leurs noces à l'occasion d'un colloque. Tout va être chamboulé: sa femme s'est trompée de valise et peu de temps après disparait...
Après avoir quelque peu déçu une partie de son public avec "Pirates" , Roman Polanski retourne à ce qu'il se faire de mieux: un polar noir paranoïaque. Et il revisite même un peu son oeuvre : les scènes sur le toits de Paris font échos à celles du "Locataire". SPOIL Et cette fin noire où l'actrice principale se fait tuer m'a rappelé un peu celle de "Chinatown".
Mais malgré cette noirceur, on trouve comme souvent chez le cinéaste un brin d'humour. Ici rien que dans le casting: Polanski utilise ironiquement Yves Rénier dans un rôle qui rappelle "Le commissaire Moulin" .
Et puis on peut surtout voir un vrai hommage à Hitchcock :rien que le titre fait penser à "Frenzy" sans compter le vertige de Richard qui rappelle celui de James Stewart dans "Vertigo".
Harrison Ford est remarquable en antihéros pris dans un complot malgré lui. Emmanuelle Seigner trouve ici son premier rôle important : elle illumine le film et a , à mes yeux, rarement été aussi convaincante au point d'avoir été ému, la première fois que je l'ai vue, par la fin.
Polanski maitrise parfaitement sa mise en scène, sachant accélérer quand il le faut et donne à ce film un suspens quasi permanent et un bon rythme.
Le réalisateur renoua avec le succès avec quasiment 1 million 300 000 entrées. Certes c'est moins novateur et "risqué" que des films comme "Répulsion" ou "Le locataire" mais c'est efficace. Du bon cinéma populaire dans le sens noble du terme.