Fucking Fernand est une satire jouissive et politiquement incorrect franco-allemand réalisé Gérard Mordillat, coécrite par Jean Aurenche (La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara) et Véra Belmont, d'après le roman de Walter Lewino qui met en scéne la petite vadrouille de deux hommes l'un c'est Fernand Le Bâtard (joué par Thierry Lhermite), héritier antisémite des Lunettes du même nom, deuxième fortune de France, qui est aveugle (un comble) depuis l'âge de huit ans et vit au milieu des bonnes sœurs de l'Institut du Bon Pasteur ou il n'a qu'une idée en tête : trouver une femme pour enfin connaître les voluptés de l'amour... et l'autre c'est André Binet (joué par Jean Yanne) un ancien boucher, criminel en cavale, qui va lui permettre d'exaucer ce vœu en l'emmenant chez Lotte (jouée par Marie Laforêt), tenancière de maison close ou il trouvera satisfaction avec Lily (jouée par Charlotte Valandrey) une jeune prostitué de 16 ans... Alors qu'ils sont en France pendant l'Occupation et poursuivi par la Gestapo Française dont l'immonde La Fouine (joué par l'excellent Martin Lamotte)... Fucking Fernand se situe beaucoup plus dans la lignée du Père Noël est une ordure que La Grande vadrouille... Car Gérard Mordillat (Vive la sociale dont il a écrit aussi le roman) ne cherche pas à arrondir les angles bien au contraire, la dérision et la démesure jouent le role des mamelles impudiques du joyeusement anar autant que le profondément dérangeant... ou il met dos a dos aussi bien collabo que résistant de la derniere heure (une belle galerie d'enfoirés)... un film ou le mauvais gout, trop rare dans le cinéma Français (surtout actuellement) souvent étriqué... Car hormis quelques scènes d'émotion, le sarcasme règne en maitre dans cette œuvre aux vertus décapantes hors du commun... A noter que parmi le casting on peut reconnaitre Zabou Breitman qui joue une prostituée... Laquelle jouait dans Billy Ze Kick de Gérard Mordillat... Enfin bref, une œuvre tellement politiquement incorrect pour être souligné... On est loin du Monsieur Batignole de Gérard Jugnot.