Fucking Fernand présente l’intérêt d’inscrire son irrévérence dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale, qu’il raccorde aussitôt aux bassesses du corps : là où l’ennemi a soif de pouvoir et de territoires, ledit Fernand a soif de femmes non pour trouver l’amour mais pour avoir une relation sexuelle mettant fin à son pucelage. Dès lors, film comme personnages dégradent les différentes formes de sacré rencontrées, circulent librement depuis un couvent jusqu’à une maison close à la façon d’un Guy de Maupassant, le style en moins ; ils opposent par leurs actes et par leurs paroles une résistance aux diktats du moment. L’éloge de l’héroïsme involontaire est certainement inspiré du succès récent de Papy fait de la résistance, sorti quatre ans plus tôt, duquel furent prélevés d’ailleurs Martin Lamotte, Jean Yanne et Thierry Lhermitte. Ce dernier, engagé dans l’interprétation d’un antihéros naïf, Candide obsédé, s’avère irrésistible de drôlerie, parvenant à rendre sa folie attachante et non dénuée de tendresse. Une curiosité originale.