Après End of Watch, David Ayer livre un film intimiste, violent et impressionnant en nous invitant à bord d’un char pour suivre un groupe de soldats s’accrochant comme ils le peuvent à l’espoir de traverser la grande boucherie de 1939-1945. Menée par un Brad Pitt charismatique, cette équipe se retrouve en territoire ennemi.
Peu de films ont aussi bien montré l’épuisement de la fin de guerre, l’avancée lente, village par village, mètre par mètre, en subissant de lourdes pertes tout en sachant la défaite allemande n’est plus qu’une question de jours. On suit alors cinq hommes déshumanisés, dont l’épuisement et la peur permanente les rongent, prêt à tout pour tuer des nazis. D'ailleurs, certaines scènes choquent par leur réalisme et leur violence. Le spectaculaire se joue alors sur l’intime et la tension, grâce notamment à l’excellent casting, où l’on prend plaisir à redécouvrir Brad Pitt et Shia Labeouf, excellents.
La force de Fury, au-delà de ses séquences guerrières et de sa réalisation brillante, vient aussi de son scénario élaboré comme une documentation historique satisfaisante. Inspirée d’une histoire vraie, le film déploie une structure narrative sur 24 heures, très convaincante pour bien saisir l’impact psychologique de cette violence généralisée. La musique de Steven Price se fait discrète, mélancolique et parfois barbare mais convient parfaitement à cette production de guerre.
Fury rejoint alors ces films historiques aux témoignages poignants et pertinents concernant la Seconde Guerre Mondiale, on sort de la salle épuisé et sous le choc face à ce récit puissant et bouleversant.