Ecrire et réaliser un film de guerre à l'heure actuelle possède la difficulté évidente d'offrir au public une histoire originale mais tout de même historiquement correcte et cohérente, et qui ne se noiera pas dans les clichés et codes habituels... Là où Fury conserve une parfaite cohérence historique (le film est basé sur des faits réels), il n'évite pas quelques clichés faits et refaits, accueillis, à chaud, non sans une certaine amertume...
Cependant, ces petites bavures ne réussissent pas à entacher ne serait-ce que légèrement le magnifique tableau que nous peint David Ayer (End of Watch), qui signe aussi le scénario du film . Brute, organique, la force de frappe de Fury vous assomme, vous enfonce dans votre siège puis vous secoue ensuite durant la totalité des deux heures et quatorze minutes du film qui passent à une vitesse fulgurante.
Aussi, les interprétations transperçantes de Shia LaBeouf (qui nous avait déjà prouvé dans Lawless qu'il pouvait faire bien plus qu'un ado au volant de bolides/robots), Jon Bernthal qui souffle un vent neuf et époustouflant sur le fameux rôle du soldat "gentil sale enfoiré" et Brad Pitt, toujours aussi bon et grandiose, surtout pour ce qui est de "massacrer du nazi" (n'est ce pas, Aldo Raine). Le jeune Logan Lerman fait lui juste ce qu'il faut pour compléter son rôle de bleu, perdu dans ce monde d'extrême violence et d'inhumanité. Pas plus, pas moins.
Enfin, Steven Price, a qui l'on doit déjà la majestueuse bande-originale oscarisée de "Gravity", contribue avec son travail qui ne peut être négligé à l'efficacité de la"force de frappe" de Fury, qui fera écho dans nos corps et dans nos esprits encore longtemps après avoir quitter la salle obscure...