"Merry Christmas, Mr Lawrence" narre la vie dans un camp de prisonniers britanniques sur l'île de Java, et se centre sur quatre personnages bien creusés. Un officier anglais bilingue qui s'efforce d'améliorer les rapports avec les geôliers, un garde japonais brutal mais pas forcément mauvais, un nouvel arrivant britannique charismatique et impertinent, et le capitaine nippon intransigeant qui va tomber sous son charme, ce qui va à l'encontre de son code de l'honneur.
On apprécie en premier lieu ces quatre acteurs, dont Takeshi Kitano dans l'un de ses premiers rôles majeur, et surtout David Bowie, à l’interprétation magnétique. La réalisation n'est pas en reste, avec une ambiance hypnotique (lumière éclatante le jour, filtre bleuté la nuit, BO au synthé langoureux), à laquelle se greffe parfois des séquences assez brutales. Par ailleurs, outre la condition des prisonniers de guerre, le film aborde le choc des cultures occidentales et nippones, et traite de l'homosexualité de manière subtile, en non-dits et en sentiments réfrénés. Un drame original et intéressant.