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Garçon !
Quand j'étais étudiant à la fin des années 70, Sautet était le cinéaste à la mode, celui dont la sortie d'un film était un évènement qui générait dans les ciné-clubs des débats et dans les cinémas...
le 19 juil. 2022
- Garçon, une seize ! 1664 ? - Non ? - Kro, alors ? - Non : une seize pour m'asseoir, imbécile !
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Une histoire de brasserie que je ne recommanderai pas, à voir Montand attablé devant une bière sans mousse qui ressemblait plus à un vulgaire thé qu'à une authentique Ch'ti de circonstance, accompagnée d'une "moules-frites", à la célèbre Braderie de Lille ! Se méfier des imitations : les brasseries de ch'Nord, ça se mérite, foi de connaisseur... Bref, une pub à contre-emploi pour la 33 export qui trône ici comme une mer étale ! Au fait la marque existe-t-elle encore ?
J'ai revu ce film, le dixième des quatorze longs métrages qu' a réalisés Sautet de 1960 à 1995, sans réel plaisir...
Il faut dire, un "Sautet", ce n'est pas toujours facile à visionner, parfois même ça se mérite en le changeait pas d'un train-train qu'il détestait...
Mais, le jus, la créativité n'y sont plus avec une histoire somme toute assez banale, voire sans intérêt, un peu loufoque...
Les rapports du réalisateur/ avec l'ancien chanteur ont souvent tourbé au vinaigre d'autant qu'un impérialisme grandissant pointait chez Montand qui voulait toujours plus de scènes à son avantage, au détriment d'autres !
Scènes tournées"pour faire plaisir, que de toute façon, Sautet avait coupées au montage...
Comme si ça ne suffisait pas, il était de notoriété publique que Villeret buvait trop et était parfois en proie à des delirium tremens...
Un jour lors d'un tournage, il agressa même verbalement une figurante, la traitant de pute de façon cinglante, avant d'en venir aux mains avec ceux qui voulaient le calmer...
Ce n'était pas dans ce film-ci mais Montand avait fait savoir à l'envi qu'il ne jouerait plus jamais avec lui si son nom apparaissait au casting !
D'ailleurs, dans ce film-ci, Villeret est évanescent, et insaisissable : on eut très bien pu couper son rôle au montage...
Tout ceci se ressent beaucoup à l'ambiance du film qui n'a certainement pas dû être un long travelling tranquille !
Rappelons que Sautet qui n'était pas une flèche en matière scolaire, était né avec une vocation d'artiste avec de longues mains: ça aurait pu faire un excellent sculpteur mais il hésitait à s'installer et faire le pari risqué d'en vivre financièrement...
Angoisse qui se retrouve dans la réalisation : un peu à la manière Pinoteau, il a été longtemps assistant avant de tenir le manche et diriger ! De sculpteur, il est venu aux décors et peintures de films, puis au métier de monteur avant d'affronter l'IDHEC qui l'a préparé au meilleur avenir... (La Femis aujourd'hui !)
Dominique Besnehard, trop peu connu mais influent dans le domaine du spectacle, lui avait pourtant fourni un casting aux petits oignons, mais sous-utilisé... Dans des rôles étranges, quasi inutiles...
Montand on le sait, pourrait tenir un film à lui seul, mais ici il en devient lassant à toujours jouer dans un registre qu'on connaît sur le bout des doigts : tombeur de femmes, toujours souriant, toujours compatissant, toujours enjoué, minimisant les drames : Montand l'enchanteur ?
Plus vraiment : un vieux beau qui pavane...Dans son rôle, Villeret lui assène d'ailleurs une répartie assassine et méprisante du genre " De toute façon tu aimes mieux paraître qu'être toi-même..."
Le scénario est basique, simplissime : la vie d'un garçon de brasserie à Clichy (ou en studio) où Fresson fait un chef de cuisine plus vrai que nature et c'est bien le seul acteur plaisant à voir.... Et l'homme aux 33 rêve d'installer des manèges sur le littoral d'une plage (en fait, sur l'ile de Noirmoutier) où son amante d'un temps lui annonce qu'elle va le quitter....
Rôle joué par Béatrice Agenin qui est ici resplendissante de vérité : le meilleur de sa carrière à mon avis...
Un "Sautet" restant digne de vision et de réputation, le film avait attiré le public, comme la cote d'amour de Montand à l'époque : 1 434 467 spectateurs et une vingt-neuvième place au box-office sur quarante-neuf millionnaires en entrée..." Les Dieux sont tombés sur la tête" que j'ai complétement oublié trônaient sur le podium...
D'autres se seraient réjouis : pas Sautet qui se désolait d'un accueil critique qu'il trouvait décevant mais auquel il s'attendait sans doute... Le commencement de la fin ?
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France 5 le 13.09.2024-Arte le 23.06.2025-
Créée
le 12 sept. 2024
Modifiée
le 30 sept. 2025
Critique lue 27 fois
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