Il y a parfois des films dont on se demande longtemps où ils comptent nous mener et quels messages ils entendent passer, si tant est qu'il y en ait un ou plusieurs. Gavagai fait partie de ces œuvres un peu énigmatiques, quant à leur signification, au-delà d'une mise en abyme assez classique, avec un tournage de cinéma et une histoire d'amour qui naît entre ses deux interprètes principaux. Mais, ce n'est pas anodin, il y est question de l'adaptation d'un mythe célèbre (tu peux, Médée), réalisée en Afrique par une cinéaste européenne qui dirige au Sénégal un casting presque exclusivement africain. Le metteur en scène, Ulrich Köhler, a-t-il dans l'idée de se livrer à une forme d'autocritique ? C'est très possible et le sentiment de supériorité blanche adossé à un racisme plus ou moins sournois domine toute la deuxième partie du film, cette fois situé en plein Festival de Berlin. Gavagai surfe sur les ambigüités de notre époque et la remise en question de valeurs trop facilement édictées dans la vie sociale, depuis des lustres, mais sans pour autant énoncer franchement ses opinions sur le sujet. Cela crée un trouble, pas forcément désagréable, dans l'impression générale ressentie à la vue de ce long métrage que l'on aura certainement tort d'analyser au premier degré.

Cinephile-doux
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste 2026 en avant-première(s)

Créée

le 5 oct. 2025

Critique lue 85 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 85 fois

D'autres avis sur Gavagai, et autres malentendus

Gavagai, et autres malentendus

Gavagai, et autres malentendus

6

Cinephile-doux

8155 critiques

Peux-tu, Médée

Il y a parfois des films dont on se demande longtemps où ils comptent nous mener et quels messages ils entendent passer, si tant est qu'il y en ait un ou plusieurs. Gavagai fait partie de ces œuvres...

le 5 oct. 2025

Du même critique

As Bestas

As Bestas

9

Cinephile-doux

8155 critiques

La Galice jusqu'à l'hallali

Et sinon, il en pense quoi, l'office de tourisme galicien de As Bestas, dont l'action se déroule dans un petit village dépeuplé où ont choisi de s'installer un couple de Français qui se sont...

le 28 mai 2022

France

France

8

Cinephile-doux

8155 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8155 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021