N'ayant pas (encore) lu le livre réputé de Posy Simmonds, j'ai abordé "Gemma Bovery" sans y chercher aucun enjeu, avec l'anticipation du plaisir simple que devait procurer l'équation Fontaine + Arterton + Luchini. Las ! Je n'ai vu qu'un film poussif, ni drôle ni profond, parcourant sans imagination des chemins bien balisés (les attraits et l'ennui de la France profonde, les Anglais expatriés, l'adultère provincial, l'obsession pour la littérature, etc.). Un film qui semble ne se justifier que par son "twist" final malin, mais à la morale un peu facile (tous coupables... donc finalement tous innocents, c'est la faute au destin, au hasard,... etc.). Un film qui s'emmêle les pinceaux avec une alternance de points de vue injustifiée et sans cohérence, qui ne nourrit pas la fiction : entre ce que voit Martin et ce qui se passe vraiment, par exemple, nul jeu, nulle perspective.


Sans doute aurait-il fallu l'intelligence d'un Rohmer pour transcender tout cela, ou tout au moins en faire un objet ludique. Dirigé (?) par une Anne Fontaine dont on connaît plutôt l'intérêt pour les déviances, Luchini lui-même perd grâce et légèreté, et devient un simple vieux con pathétique, personnage inintéressant à peine racheté par une dernière scène plaisante.
[Critique écrite en 2014]

Eric-Jubilado
4
Écrit par

Créée

le 3 janv. 2015

Critique lue 740 fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 740 fois

7

D'autres avis sur Gemma Bovery

Gemma Bovery

Gemma Bovery

5

Gand-Alf

le 1 oct. 2015

Suivre

L'anglaise d'à côté.

Une coproduction franco-britannique, réunissant Fabrice Luchini et Gemma Arterton, le tout adapté de la bande dessinée de Posy Simmonds, déjà auteure de Tamara Drewe, j'avoue que cela m'intriguais,...

Gemma Bovery

Gemma Bovery

7

BrunePlatine

le 10 janv. 2018

Suivre

Gemma Casta et ses soupirants

On dira ce qu'on voudra mais Anne Fontaine sait filmer les femmes. Les mettre en lumière, les sublimer, faire de la pellicule un écrin qui fait scintiller leur beauté, trouver le bon rayon de soleil...

Gemma Bovery

Gemma Bovery

6

PhyleasFogg

le 15 sept. 2014

Suivre
Dernière modification

le 24 sept. 2014

Gemma Beau vain paresseux

Pour Luchini d'abord, et pour Flaubert, pour la Normandie un peu, et pour Gemma Arterton plus que beaucoup je l' avoue! A cause de Tamara Drewe et Alice Creed, j'ai vu ce film, et le...

Du même critique

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

le 15 sept. 2020

Suivre

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

le 29 nov. 2019

Suivre

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

1917

1917

5

Eric-Jubilado

le 15 janv. 2020

Suivre

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...