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Le peril jeune
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Rares sont les teen movies capables de saisir la jeunesse autrement que par ses clichés, et au travers de situations qui, au final, ne parlent pas tant que ça. La vision rafraîchissante et simple de la jeunesse que propose Linklater frappe par sa justesse.
Avec Dazed and Confused, Linklater s’inspire de sa propre expérience et se libère de la dimension dramatique chère à John Hughes, pour ne citer que lui dans la réal de teen movies. Il ne reste alors qu’un sentiment d’insouciance et de liberté, empreint d'une nostalgie bienveillante.
Dans une œuvre comme celle-ci, sans réel fil conducteur, le principal risque aurait été de ne pas réussir à captiver le spectateur. Mais Linklater évite cet écueil en se concentrant d’abord sur les différentes mésaventures des jeunes, sans jamais tomber dans le drame, et en offrant toujours une forme de résolution qui contrebalance les aspects négatifs. Le bizutage de Mitch (Wiley Wiggins), redouté et douloureux, finit ainsi par sonner comme un « bienvenue chez les grands », et sa vengeance n’en est que plus savoureuse.
Cependant, si le film se veut léger, les questionnements d’une jeunesse plus ou moins paumée ne sont jamais totalement absents. Pink (Jason London), par exemple, refuse de signer la charte imposée par son entraîneur de football, qu’il perçoit comme une entrave à sa liberté. Le personnage de Wooderson, interprété par Matthew McConaughey, semble quant à lui refuser de grandir : il continue à fréquenter les soirées étudiantes et ne paraît pas faire grand-chose de sa vie. Pourtant, le spectateur retient surtout sa fière allure et l’image cool qu’il entretient avec application. Ron Slater (Rory Cochrane), enfin, en est un autre exemple : jamais confronté à la réalité, il apparaît de plus en plus défoncé à mesure que le film progresse.
La soirée progresse et chacun ose un peu plus sous l’effet des mixtures et des drogues ingérées. Les moments gagnent en intensité, les paroles et les gestes prennent de l’ampleur : Pink embrasse pour la première fois celle qui lui plaît, Mike (Adam Goldberg) prend sa revanche sur celui qui l’a humilié en début de soirée, et même Tony avoue son faible pour une première année rencontrée quelques heures plus tôt.
Certains, comme le jeune Mitch, vivent leur toute première soirée : premier flirt, première cuite, et, au petit matin, premier sermon pour être rentré si tard.
Dazed and Confused, c’est l’insouciance que l’on éprouve à un certain moment de sa vie, lorsqu’on a conscience de vivre quelque chose d’unique. C’est cette étrange alliance de légèreté et de pesanteur, cette impression que l’instant ne peut pas s’arrêter, que l’on sourit presque bêtement en se disant : « Je suis bien. » C’est l’osmose qui se crée avec ceux qui partagent ce moment. e film ne progresse pas vraiment, il dérive. Les scènes semblent parfois anecdotiques, et pourtant c’est précisément cette absence de résolution dramatique qui donne à l’ensemble sa vérité. Ces instants n'ont aucune portée artificielles, ils ne font qu'exister.
Il n’y a alors aucune raison de s’inquiéter : car demain n'existe pas, et il n'existera en fait jamais.
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Créée
le 6 avr. 2016
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