Ghostlight est un film de famille, à plusieurs titres. D'une part, parce que le scénario du long métrage de Kelly O'Sullivan et Alex Thompson (un couple dans la vie) raconte l'existence de trois membres d'une même famille (père, mère, fille) dont on découvre, au fur et à mesure, ce qui plombe leur relation et d'où vient la tristesse et la colère qui les étreignent, plus souvent qu'à leur tour. D'autre part, dans ce film tourné à Chicago, avec des acteurs locaux, à une exception près (l'excellente Dolly de Leon), le trio principal de comédiens a les mêmes degrés de parenté dans la réalité que dans la fiction. L'alchimie est parfaite dans cette œuvre de "troupe", avec un hommage appuyé au théâtre amateur et à Shakespeare, en particulier, dont le Roméo et Juliette sert ici de thérapie, avec un poignant effet miroir (en dévoiler davantage serait un crime). Ghostlight bouleverse par sa pudeur intrinsèque, avec ses petits triomphes qui cautérisent, un peu, une plaie ouverte que seul le temps atténuera. A son écriture délicate et sensible correspond une mise en scène discrète mais précise, qui met en avant des comédiens remarquables, à commencer par l'insolente Tara Mallen, pas plus intimidée que cela de jouer avec ses véritables parents dans la vie. Bourré d'humanité blessée, Ghostlight est une petite merveille émotionnelle du cinéma indépendant américain, lequel ne cessait de décevoir, ces dernières années, dans un style trop reconnaissable et non exempt de clichés auteuristes

Cinephile-doux
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Au fil(m) de 2025 et Les meilleurs films de 2025

Créée

le 26 mars 2025

Critique lue 609 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 609 fois

9

D'autres avis sur Ghostlight

Ghostlight

Ghostlight

9

cadreum

1062 critiques

Des mots trop grands dans une bouche trop serrée

Il y a, dans Ghostlight, quelque chose comme une main posée sur l’épaule au moment où on en a le plus besoin. Le film s’ouvre sur Dan, un homme usé, ouvrier du bâtiment, silhouette droite, raide...

le 8 mai 2025

Ghostlight

Ghostlight

8

Electron

855 critiques

La lumière intérieure

En ces temps de (relative) disette cinématographique, je cherchais désespérément un film enthousiasmant, après deux films irlandais durs voire malsains (Tu ne mentiras point et Le clan des bêtes),...

le 4 mai 2025

Ghostlight

Ghostlight

8

Raphoucinevore

392 critiques

Cette obscure clarté...

Quelque part dans l'esprit du très récent (et très bon) «Sing Sing», où le théâtre venait élever et "libérer" des âmes emprisonnées, ce premier long-métrage co-réalisé par le couple Kelly...

le 8 mai 2025

Du même critique

As Bestas

As Bestas

9

Cinephile-doux

8155 critiques

La Galice jusqu'à l'hallali

Et sinon, il en pense quoi, l'office de tourisme galicien de As Bestas, dont l'action se déroule dans un petit village dépeuplé où ont choisi de s'installer un couple de Français qui se sont...

le 28 mai 2022

France

France

8

Cinephile-doux

8155 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8155 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021