Dans le sillage de son succès les Gremlins de Joe Dante vont finir par faire naître des tonnes de vilains rejetons et de lointains cousins dans la joyeuse famille des films comico-horrifique avec des vilaines petites bestioles. Si les Critters sont les enfants bis des Gremlins, les Ghoulies sont assurément les cousins dégénérés et Z, à peine plus fréquentables que les lointains et oubliés Munchies et autres Troll.
Les sales bêtes de Ghoulies proviennent ici d'un rituel de magie noire effectué par une jeune homme qui vient tout juste d'hériter d'une immense maison au passé trouble. Les pouvoirs surnaturels des lieux le pousse alors à préparer le sacrifice de quelques amis avec l'aide d'une petite troupe de créatures sorties des ténèbres.
Le film réalisé par Luca Bercovici est bien loin de la comédie horrifique un peu povoc' promise par son affiche et s'avère être une assez pauvre série Z de vidéoclub surfant sur la vague du film culte de Joe Dante. Les créatures du film qui sont d'immondes marionnettes poisseuses sont totalement dans l'esprit fauché du film mais elles sont aussi bien loin d'en tenir le haut de l'affiche. On doit donc à la place se coltiner une bien banale et basique histoire de satanisme, de possession que l'on prendra tout de même le soin de nous expliquer avec une voix off comme si le spectateur était trop con pour capter ce qui se passe sur l'écran. Si le film s'anime un peu dans ses vingt dernières minutes il faudra avant se farcir des personnages insipides, des séquences d'occultisme de pacotille, un humour bas du front et des enjeux dramatiques en carton. Ghoulies échoue presque à tout les niveaux que ce soit sur le registre de la comédie, comme celui du frisson ne parvenant même qu'en toute fin de métrage à gagner ses galons de films de vilaines bestioles. Il reste le plaisir de ces séries Z foutraques aux charmes étranges avec son lot de sympathique bizarreries comme un combat de regards laser foudroyant , des lilliputiens médiévaux crachés des ténèbres et un petit blanc défoncé nous offrant une démonstration foireuse de break dance . Le film permet aussi de retrouver l'immense Jack Nance dans un tout petit rôle mais pour un cabotinage maximale et de nous replonger dans l'esthétisme si particulier du bis des années 80.
Ghoulies connaîtra trois suite qui visiblement ont le bon goût de s'améliorer sur la longueur. Passablement refroidi par se premier volet je crois que les suites vont pouvoir encore attendre un peu.