9
6892 critiques
Virage commercial ?
"Gloria" est indiscutablement "le Cassavetes" le plus accessible à date (certains ont parlé de "virage commercial"), mais, hormis un happy end de circonstances, imposé par le studio et presque...
le 9 janv. 2017
Oui, j'ai eu du mal.
Et je ne m'y attendais pas. Pourtant Cassavetes, j'aime bien, et même ses trucs les moins punchy, genre Shadows.
Pour ce film, dès l'ouverture, je me suis dit que j'allais me régaler. Vues somptueuses de New York sur belle musique jazzy. Il ne m'en faut pas plus, habituellement.
Et puis l'intrigue se lance avec une scène très tendue. Règlement de compte de la mafia. Une famille au coeur de la tourmente. Mais filmé façon Cassavetes, très très réaliste. La voisine qui débarque pour demander du café, et qui se retrouve mouillée dans l'histoire.
Très bon, tout ça.
Et puis, cela a commencé à moins aller.
Deux raisons à cela : la première, c'est que Cassavetes essaie de mélanger thriller mafieux et son habituel cinéma psychologique et social.
Quoi de mal à cela?
Rien sans doute. Sur le papier. Mais dans les faits, le thriller est plus que complètement sacrifié. L'intrigue ne tient debout que parce que... non, en fait elle ne tient pas debout. Par exemple, on a un plan sur les infos qui parlent de l'enlèvement d'un gamin portoricain par Gloria. Et puis ensuite rien, Gloria se balade tranquillement partout avec le gamin, menaçant tous les mafieux qu'elle ne cesse de croiser. Parce que Gloria, elle ne peut pas monter dans un bus sans tomber sur un mafieux. C'est pas de chance quand même.
Cela aurait pu donner une tension exemplaire. Mais même pas. Parce que tout est tellement lunaire. On se promène dans le film avec l'impression que le réalisateur et le scénariste sont aussi perdus que nous.
Reste le portrait d'une femme qui ne s'en laisse pas compter. Gena Rowlands est une actrice d'exception, on le sait, une nuance dans son regard peut exprimer plus de choses qu'un long dialogue.
Heureusement d'ailleurs, parce que les dialogues...
Bref, pour Gena Rowlands, je ne dis pas. Mais Cassavetes avait-il réellement l'intention de faire un film de mafia? On a l'impression que c'était une commande, qu'il s'en fichait, lui ce qu'il voulait, c'est un énième portrait de Gena façon Une femme sous influence.
Et puis je n'ai pas parlé du truc principal dans le film. Le gamin.
Le sale gosse.
Je veux bien qu'il lui arrive des trucs pas cool, au gamin, il a quasiment vu sa famille se faire massacrer. Mais il est insupportable ce gamin, sans parler du fait qu'il est quand même difficile d'y croire, en tant que personnage. Je veux bien qu'il ait muri d'un coup, mais il ne faut quand même pas exagérer!
Bref, excepté Gena Rowlands, j'ai pas vraiment aimé. Il y a bien quelques scènes, quand même, que j'ai plus appréciées. Il y a des moments touchants. Comme lorsque le gamin, franchement débectable jusqu'ici, s'accroche soudain à Gloria comme à une bouée, pour ne pas couler.
J'ai certainement raté un truc. Et je ne veux pas dégoûter les gens d'aller voir un film de Cassavetes.
C'est bien, Cassavetes.
Créée
le 18 mars 2026
Critique lue 75 fois
9
6892 critiques
"Gloria" est indiscutablement "le Cassavetes" le plus accessible à date (certains ont parlé de "virage commercial"), mais, hormis un happy end de circonstances, imposé par le studio et presque...
le 9 janv. 2017
9
440 critiques
Ce fut un très beau rôle pour Gena Rowlands en 1980. Elle est l'attraction du film de John Cassavetes, très original dans son fond et sa forme. Le couple qu'elle fait, une fille de mauvaise vie...
le 19 janv. 2026
8
435 critiques
Cette critique fait partie de la liste "Looking for Cassavetes".https://www.senscritique.com/liste/Looking_for_Cassavetes/1594997 Suite de mon marathon Cassavetes (après The Killing of Chinese...
le 8 mai 2016
10
1110 critiques
Je l'avais vu trop tôt, c'est certain, et donc je n'avais pas vu l'intérêt d'un truc pareil. Dans ma mémoire la scène centrale avait fini par prendre toute la place, c'est dire le souvenir que j'en...
le 29 mai 2026
10
1110 critiques
J'avais déjà vu Ben-Hur deux fois, mais cela remonte à l'adolescence. J'avais en mémoire un bon peplum. Aujourd'hui, je revois un film complètement différent. Un chef-d'oeuvre. Pas forcément pour son...
le 31 déc. 2025
7
1110 critiques
Premier long-métrage d'un jeune réalisateur qui depuis a fait deux ou trois films qui lui ont apporté une certaine notoriété, Duel se concentre sur l'affrontement entre une Plymouth et un monstrueux...
le 26 juin 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème