Si Godzilla Minus One impressionne, c’est uniquement par la flamboyance de ses effets spéciaux attachés à restituer la démesure du monstre par rapport à la petitesse des êtres humains qui l’affrontent. En cela, la séquence inaugurale constitue le morceau de bravoure d’une production qui finit sinon par rééquilibrer les forces en présence et rivaliser, par l’ingéniosité et par le nombre des braves Japonais, avec le dieu nucléaire immortel. Le traitement du traumatisme lié au sentiment de honte d’un soldat kamikaze n’ayant pu accomplir ce à quoi son gouvernement l’avait destiné est certes cher à la culture japonaise, et plus encore à la mythologie de Godzilla, mais il demeure contrebalancé par un dialogue constant avec l’héroïsme impérialiste américain à grands renforts de références aux blockbusters, de Jaws (Steven Spielberg, 1975) à Top Gun (Tony Scott, 1986). La clausule orchestre ainsi une victoire pompeuse et guère crédible, happy end qui dénature une fois de plus l’esprit plus tourmenté et cauchemardesque du mythe une fois de plus ressuscité du côté japonais. Une claque visuelle, de l’esbrouffe scénaristique.