Si Good Boy était un film fantastique ordinaire, ce serait un 4, au mieux. Il ne fait pas spécialement peur, n'installe aucune atmosphère originale ou dérangeante, et rien dans sa mise en scène ne sort réellement du lot. Heureusement pour lui, son personnage principal est un chien, et c'est un twist tellement unique et bien exécuté qu'il suffit à repêcher le film.
J'ai apprécié que tout soit filmé à hauteur de chien, avec des caméras qui suivent le protagoniste dans ses pérégrinations à quatre pattes, la queue au vent. Le personnage humain est presque toujours au second plan, plongé dans l'ombre, son visage invisible et sa voix un peu étouffée, pour bien séparer les univers humains et canins. On comprend quand même ce qu'il dit, ce qui est une facilité d'écriture que je pardonne sans mal.
Une autre qualité indiscutable du film, c'est que le chien joue très très bien. Au gré de ses mésaventures surnaturelles, on le voit tantôt curieux ou inquiet, la truffe inquisitrice, le regard triste, les oreilles figées en arrière par la peur ou la surprise. C'est un acteur étonnamment expressif et je ne saurais dire qu'il est parfaitement dressé ou s'ils ont fait 800 prises et gardées celles où le chien avait accidentellement l'expression qu'ils souhaitaient, mais ça marche parfaitement.
Enfin, ça n'aurait pu être qu'une bête histoire de maison hantée, mais le sous-texte de la maladie, du deuil et de l'acceptation, marié à son personnage hors du commun, donne un peu de personnalité et de légitimité artistique à l'entreprise, ce qui me donne envie d'être indulgent. Ce n'est pas aussi bien que j'avais osé l'espérer, mais ça reste radicalement unique, et j'en garderai plus de souvenirs que 80% des films d'horreur que j'ai vu cette année.