Jenna Cato Bass signe pour le moment son dernier long métrage, un film d'horreur atmosphérique qui se déroule intégralement dans la grande maison cossue d'une famille très riche et blanche au Cap. Mystère, magie et mysticisme sont de mise dans cet étrange film suggestif. Pas de jumpscares (ou presque) ou d'éléments gores, tout passe par l'ambiance étrange voire glauque qui se faufile entre les portes closes et les sonneries de cloche. L'ambiance effrayante se transmet essentiellement par le son, nous plongeant dans la psychose de Tsidi qui n'arrive plus à se dépêtrer du cauchemar éveillé qu'elle subit au fur et à mesure que la maison prend possession de son corps et de ses pensées.
Sous le film d'épouvante, nous pouvons aussi relever une dénonciation du colonialisme blanc et de ses racines ancrées en Afrique du Sud. Entre un panoramique qui dégage une ligne qui sépare les quartiers populaires et bidonvilles et les quartiers riches aux grandes maisons ventilées, l'anglais est aussi une manière d'exprimer la prise de pouvoir des colons blancs occidentaux sur le xhosa, l'une des langues natives d'Afrique du Sud. Un anglais imposé et implacable, qui ne saurait s'adapter.
GOOD MADAM n'est peut-être pas au goût de tout le monde, sans doute à cause de son rythme assez spécial et de sa manière d'aborder l'épouvante et l'horreur - en hors champ, avec un pas sur le côté, entre deux pans de mur et une porte entrebâillée. Un film pour ceux qui aiment les atmosphères où l'on n'ose pas respirer trop fort...
Disponible le 08 avril sur outbuster.com