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le 26 janv. 2026
SuivreNiney, ni à faire
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Après deux relatifs échecs, Yann Gozlan retrouve Pierre Niney, toujours Matthieu Vasseur, toujours dans un « thriller qui questionne les notions de vérité et de mensonge avec à chaque fois, un personnage sous pression, au bord de la rupture, pris dans une spirale infernale. » Malheureusement, autant la mise en scène qui accompagne la montée en puissance des séminaires est là, et les acteurs convaincants (Anthony Bajon en tête), autant le film m'a aussi laissé un sentiment d'inabouti.
Plus que de se concentrer sur un gourou confirmé, le film narre l'histoire de quelqu'un qui se découvre comme tel : un optimiste qui comprend petit à petit qu'il peut avoir une véritable emprise sur d'autres personnes, que ses méthodes sont discutables. La dernière réplique du film, « Je sais pourquoi vous êtes là », marquant le moment où il assume pleinement ce rôle.
Le problème, comme dit plus haut, c'est qu'un sentiment d'inabouti se dégage du film une fois celui-ci achevé. Les dangers économiques du développement personnel, son fonctionnement pyramidal ou les mécanismes d'adhésion des adeptes sont finalement peu explorés. Il y a quelque chose d'opaque, une volonté de réifier ce qu'on nous montre à l'écran : le spectateur voit des spectateurs assister à un séminaire sans comprendre comment ces derniers ont pu tomber dans cet engrenage. Il n'y a aucune volonté d'expliquer ou de nous mettre à la place de, reste quelques constats. Difficile aussi de comprendre comment on peut être fasciné par Matt tant celui-ci ne brille pas tant que ça par son charisme. C'est d'autant plus frustrant que le gourou du gourou, Peter Conrad, dégage quelque chose que Matthieu n'a pas : Tony Robbins a été une source d'inspiration pour le film, notamment pour son « charisme et flow exceptionnels », et c'est clairement à travers Holt McCallany que son influence se fait le plus ressentir.
Pour un long-métrage qui dure plus de deux heures, curieux aussi de ne pas avoir tenté de nous mettre dans la peau d'un adepte, de nous manipuler ou de nous montrer l'ascension de Matthieu. On comprend que la relation avec son frère n'est pas des plus faciles à travers une première scène caricaturale, mais ça ne va pas plus loin que ça, c'est un arc consommé trop tôt. Quitte à créer « un personnage, avec un scénario » comme le dit si bien Matthieu à son frère, à nous parler d'abus qui n'ont pas eu lieu, à semer le doute, cela aurait davantage fonctionné si le frère avait plané au-dessus du récit pendant tout ce temps avant de faire son apparition à ce moment-là.
Même la relation avec l'État, cette fameuse convocation au Sénat, est dépeinte de façon caricaturale. Yann Gozlan sous-entendrait presque que si Matthieu devient méchant, c'est à cause de l'institution. Difficile de croire d'ailleurs qu'il a pu se pointer là-bas, tout aussi optimiste qu'il est, sans qu'un seul membre de son équipe ne le mette en garde face aux éventuels « pièges », questions, auxquels il pourrait être confronté. Seul truc bon à prendre dans cette histoire, encore un sous-entendu : que loi ou non, cela n'empêchera pas les gourous d'exister.
Là où Un homme idéal et Boîte noire arrivaient à faire monter la tension, Gourou n'arrive pas à déboucher sur une véritable spirale suffocante, à nous filmer ce côté course sans fin : ilconstruit une tension… et c'est à peu près tout. Le récit demeure de surcroit assez prévisible et pas bien subtile. Le pire étant l'écriture de certains personnages, entre Anthony Bajon qui fait ce qu'il peut avec les lignes qu'on lui a données ; le chauffeur de Matthieu, Rudy, grand méchant machiavélique qui fait office de twist artificiel… ou tout simplement l'écriture des personnages féminins, mais je crois qu'on a l'habitude avec Yann Gozlan.
Le pire du pire, summum du cringe et du vomitomètre : la séquence chez Cyril Hanouna. Probablement poussée par la société de production et de distribution, StudioCanal, j'ai encore du mal à savoir si nous sommes dans une démarche de légitimation ou purement cynique. Dans un cas comme dans l'autre (et très franchement, je ne sais pas quel cas est le pire), merci pas à Yann Gozlan de m'avoir fait regarder autant de temps d'affilée cette bande de guignols du fond de la cuve des chiottes !
À la fois trop long pour ce qu'il a à nous montrer et trop court quand on s'interroge sur ce qui aurait pu nous être présenté à la place, difficile de ressortir de ce Gourou en étant pleinement convaincu. Reste quelques séquences dans lesquelles la mise en scène fonctionne, l'évolution des différents séminaires notamment, ainsi que la dernière confrontation avec le frère, scène durant laquelle les rôles s'inversent, où celui qui surplombait l'autre finit par se faire surplomber. Tout ceci fait que, curieusement, d'un point de vue divertissement pur, le long reste solide, qu'on ne s'ennuie pas non plus… Il est toutefois assez ironique qu'un film consacré à la fabrication d'un gourou ne cherche jamais à faire de son spectateur un adepte.
En tous cas, il m'est difficile d'imaginer que Gourou me restera en tête d'ici à quelques années.
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le 28 juil. 2026
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