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Niney, ni à faire
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On avait à peine oublié le bien piètre Dalloway que Yann Gozlan se rappelle au souvenir du public français, par une communication acharnée pour son nouveau projet, dans un flot de bandes annonces et la présence ad nauseam de Pierre Niney sur l’intégralité des canaux de communication. Gourou relate l’ascension malsaine d’un coach de développement personnel, spécialiste en manipulation des foules. Le sujet ne manque pas d’intérêt, à l’heure où le charisme des influenceurs fait des ravages, et le regard à froid sur le phénomène pourrait permettre de disséquer ses mécanismes mensongers.
C’est oublier que Gozlan est aux manettes, et qu’à l’exception d’un film plutôt sympathique (Boîte Noire, en 2021), le réalisateur-scénariste est passé maître dans la manutention des grosses ficelles. Le traitement ne manque d’ailleurs pas d’ironie dans la mesure où il emploie précisément les méthodes dénoncées pour construire ses scripts, entrelacs de séduction facile, de gradations prévisibles et de twists en carton.
Car c’est avant tout l’esbrouffe qui intéresse, dans un film qui, sous prétexte de disséquer, exploite en réalité tous les procédés au premier degré. Fascination pour la richesse, le pouvoir, le règne de l’image, la célébrité, rien ne manque à ce tableau qui investit les maisons de luxe, régies de shows savamment mis en scène et graphiques d’audience.
Au centre de l’image, et au sommet de sa conception, Pierre Niney accroît encore l’image qu’il construit savamment depuis des années. Le scénario, construit sur « une idée originale de Pierre Niney », est également produit par l’acteur (par sa société Ninety), et traduit un projet tout entier rivé sur sa personne, qui tendait probablement à reproduire le rôle choc de Tom Cruise dans Magnolia. C’est oublier que dans ce film, le comédien interagissait avec d’autres personnages, là où Gourou se contente de filmer la présence écrasante d’un acteur ivre de sa performance, tout en brandissant le joker d’une supposée réflexion sur les limites de celle-ci. Les personnages autour de lui ne sont que les figurants de sa trajectoire, sa partenaire une potiche condamnée à froncer les sourcils et poser des questions, et les situations s’enchaînent dans une fuite en avant qu’on aura la paresse de conclure, probablement sous le coup d’une énième pirouette méta sur la manipulation des masses. L’artificialité des dialogues et des situations (le gamer paumé qui se met à disserter sur L’Illiade comme s’il était au Collège de France, le chauffeur transformé en stratège assenant ses leçons machiavéliques) dénonce moins le règne du bullshit qu’elle n’en fait son carburant scénaristique.
« Méfiez-vous de vos idoles », clame l’affiche du film, alors que le projet même du métrage ne cherche qu’à asseoir la posture d’un comédien bankable. Ce n’est pas parce qu’on joue une ordure qu’on casse son image de gendre idéal, surtout lorsqu’on bouffe à tous les râteliers, de star TikTok à égérie de la haute couture, tout en imposant, crime inqualifiable, la présence de TPMP et Cyril Hanouna aux spectateurs des salles obscures. Ni oubli, ni pardon.
Créée
le 28 janv. 2026
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