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Niney, ni à faire
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Je m'y attendais, Pierre Niney est magistral, à la fois séduisant et inquiétant. Son personnage, Matt, n’est pas un simple coach : c’est un vampire social, un junkie d’adrénaline qui ne vit que par et pour le regard des autres. Les bains de foule sont sa drogue, la validation des participants son oxygène. Mais la force du film est de montrer que ce prédateur est aussi une émanation : il n'existe que parce qu'on le convoque.
Le film de Yann Gozlan expose avec brio la co-construction entre le gourou et son public. Eux ont besoin de leur "trip" émotionnel, lui de leur énergie vitale. Les réseaux ou l’argent ne font qu’amplifier un mécanisme anthropologique très ancien. Hier, la foi bâtissait des cathédrales pour la gloire de Dieu ; aujourd’hui, le récit est plus court, le public plus volatil, mais le fonctionnement humain reste inchangé. Chaque manipulateur a son propre Mont des Oliviers, mais là où les anciens visaient la transcendance, Matt propose une transcendance de supermarché : le "meilleur moi".
Le scénario décortique la précision clinique de la manipulation. Pseudo-messes, rituels calibrés, extases feintes : tout est calculé. Le repérage des failles chez les participants transforme la scène en un laboratoire de psychologie sociale appliquée. On y voit poindre les dérives du management moderne, où le collaborateur est sommé de "se réaliser" à travers des injonctions paradoxales. La véritable puissance du personnage réside dans cette dépendance mutuelle : il est le catalyseur d'une démission de la volonté individuelle. Mais gare à celui ou celle qui déciderait de s'opposer à son récit. La mythomanie de Matt, révélée brutalement lors de la confrontation avec son frère, prouve qu'il est le premier prisonnier de son propre système. S'il réécrit son passé, ce n'est pas seulement pour le marketing, c'est parce qu'il ne supporte pas sa propre banalité. Pour un vampire social, la vérité est une anémie ; il a besoin de se créer un destin exceptionnel pour justifier l'ascendant qu'il prend sur les autres. Quitte à faire couler le sang...
Si le film souffre parfois de quelques raccourcis narratifs, il n'en demeure pas moins une analyse implacable du besoin de croire. Matt ne serait rien sans une audience en manque affectif, cherchant une autorité pour combler le vide. Plus qu'un thriller sur le coaching, c'est une fable sur l'addiction à l’attention et sur une époque qui, sous couvert de victimisation, délègue sa responsabilité à des tiers.
En poussant les gens malgré eux, Matt ne fait que répondre à une demande de soumission qui ne dit pas son nom. C’est ce miroir tendu à notre propre besoin d’illusion qui rend l’œuvre profondément dérangeante. Une énième rencontre entre ce réalisateur et l'acteur, et encore une fois, ça fonctionne bien.
Créée
le 28 janv. 2026
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