🎬 GRAND CIEL - Akihiro Hata | ⭐ 6/10
"𝘝𝘪𝘯𝘤𝘦𝘯𝘵 𝘵𝘳𝘢𝘷𝘢𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘢𝘶 𝘴𝘦𝘪𝘯 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘦́𝘲𝘶𝘪𝘱𝘦 𝘥𝘦 𝘯𝘶𝘪𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘯𝘵𝘪𝘦𝘳 𝘥𝘦 𝘎𝘳𝘢𝘯𝘥 𝘊𝘪𝘦𝘭, 𝘶𝘯 𝘯𝘰𝘶𝘷𝘦𝘢𝘶 𝘲𝘶𝘢𝘳𝘵𝘪𝘦𝘳 𝘧𝘶𝘵𝘶𝘳𝘪𝘴𝘵𝘦. 𝘓𝘰𝘳𝘴𝘲𝘶’𝘶𝘯 𝘰𝘶𝘷𝘳𝘪𝘦𝘳 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘢𝘳𝘢𝘪̂𝘵, 𝘝𝘪𝘯𝘤𝘦𝘯𝘵 𝘦𝘵 𝘴𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘭𝘭𝘦̀𝘨𝘶𝘦𝘴 𝘴𝘶𝘴𝘱𝘦𝘤𝘵𝘦𝘯𝘵 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘩𝘪𝘦́𝘳𝘢𝘳𝘤𝘩𝘪𝘦 𝘥’𝘢𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘥𝘪𝘴𝘴𝘪𝘮𝘶𝘭𝘦́ 𝘴𝘰𝘯 𝘢𝘤𝘤𝘪𝘥𝘦𝘯𝘵. 𝘔𝘢𝘪𝘴 𝘣𝘪𝘦𝘯𝘵𝘰̂𝘵 𝘶𝘯 𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦 𝘰𝘶𝘷𝘳𝘪𝘦𝘳 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘢𝘳𝘢𝘪𝘵."
Dès ses premières minutes, le film affiche une volonté claire : distiller du mystère, faire naître une inquiétude sourde, dans une réalité brute. Sur le papier, le projet est séduisant : mêler l’ultra-réalisme du quotidien d’ouvriers travaillant de nuit sur un chantier à une dimension fantastique. Mais dans les faits, l’attente se révèle trop longue. Le film tarde à introduire son élément perturbateur, en ne le distillant que par petites touches, au point de laisser s’installer une frustration persistante.
Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là. L’atmosphère rend avec justesse la pénibilité, l’isolement et la dureté de ces conditions de travail. Le travail sonore, très soigné, joue un rôle central : bruits métalliques, grondements sourds, nappes musicales sombres et hypnotiques participent à créer une tension croissante.
Mais cette promesse ne se concrétise jamais vraiment. La montée en puissance arrive tardivement et reste trop évasive pour marquer durablement. On a souvent l’impression que le film n’ose pas aller au bout de ses intuitions, par manque d’ambition ou de moyens.
Les scènes ancrées dans le réel restent les plus convaincantes : le réalisateur filme avec un vrai talent cette France laide, grise et triste, peuplée de femmes et d’hommes qui luttent chaque jour pour garder la tête hors de l’eau. Damien Bonnard, comme souvent, est irréprochable, tout en retenue.
Frustrant et imparfait, Grand ciel n’en demeure pas moins un premier film prometteur, dont l’ambition de mêler les genres et de porter un regard critique sur notre société mérite d’être saluée, même si le résultat reste en deçà de ses promesses.
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