Un scénario brouillon, des situations qui n'en sont pas, des acteurs qui n'ont rien à jouer...ce film est un prétexte dont le seul mérite est de ne durer qu'1h20.


Après le visionnage d'un film tel que Le Grand Départ, je me pose toujours la même question: le réalisateur a t-il conscience de sa lourdeur? Ne voit-il pas que ce qu'il a produit est mauvais? Quand il revoit un Scorsese, un Coppola, un Fellini, –même un Klapisch, bordel (et j'aime beaucoup Klapisch)–, n'y a t-il pas un moment ou le type se dit : "non, c'est pas possible, je suis trop loin du compte"?
Le diagnostic est pourtant facile à faire.
Pio Marmaï s'en sort sans trop d'égratignures, c'est le propre des bons acteurs. Elkaïm – limité mais conscient de l'être, ce qui le rend sympathique – semble ici nous envoyer une dose de somnifère en intraveineuse à chaque fois qu'il ouvre la bouche et se bat sans y arriver avec l'épaisseur de son rôle, quasi nulle, de pauvre petit scénariste vivant dans un bel appartement et dont la réplique récurrente est "je suis déprimé en ce moment"( et en tant qu'acteur, il avait de quoi l'être). Pour le coup, Mitchell, perdu dans son jeu comme dans son personnage, laisse à penser qu'il s'est servi de la vacuité du scénario pour y appuyer ses maigres effets. Quant au rôle de Zoé Felix, c'est une insulte puisqu'elle ne sert absolument à rien. Bref, personne ne sait ce qu'il fait dans le film et le spectateur non plus.


Bourrée de clichés, bâclée, incohérente temporellement, ornée d'une immonde bande-son, cette histoire ramassée sur elle-même, cul-cul la praline, tarte et j'en passe, ne vaut même pas un mauvais téléfilm. On se demande sincèrement comment un projet aussi médiocre a pu voir le jour. Le sommet du grotesque étant atteint dans cette scène ou Charlotte de Turckheim, directrice d'une maison de retraite quatre étoiles, sert le café aux deux frères pour leur demander solennellement de libérer la chambre de leur père. Vraiment? Elle a le temps de faire ça?


Inspiré d'un épisode personnel de la vie du réalisateur, Le Grand Départ est un film à montrer à tous ceux qui souhaitent un jour faire du cinéma, puisqu'on y voit à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire avant de prendre une caméra, c'est-à-dire livrer un scénario indigeste et croire qu'il suffit de montrer les choses telles qu'elles se sont réellement passées. Non: la vérité n'est pas la justesse, Nicolas Mercier est loin d'être un auteur-réalisateur et son film une purge confuse et véritablement insipide.

VincentGiudicel
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le 12 mars 2018

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