Arf, pas évident d'avoir un avis tranché sur ce « Grand Départ ». D'un côté, le scénario se tient plutôt pas mal, le réalisateur prenant soin de personnages principaux auxquels on parvient relativement à croire et aimer, justement par leur imperfection et leur incapacité à se comprendre, sans que la faute en revienne exclusivement à l'un d'entre eux. Un dosage assez réussi, donc, captant, dans sa logique bourgeoise, plutôt pas mal l'air du temps d'une société où les comportements, le rapport à l'autre ont indéniablement évolué, renvoyant, souvent, à une très grande solitude. Bien que le trait soit un peu forcé, à l'image d'une écriture manquant, parfois, un peu de naturel, le « lien » unissant les deux frères, le regard qu'il porte chacun à leur père, amène quelque d'assez « pur », sensible, rendant la démarche sincère et même relativement touchante.
De l'autre, j'avoue n'avoir jamais réussi à m'enthousiasmer devant un film souvent assez tiède, jamais (ou presque) aussi émouvant qu'il ne devrait l'être. Je ne sais pas exactement à quoi ça tient : l'interprétation, sans être éclatante, est très convenable (Jérémie Elkaïm fait notamment bonne figure), Paris est filmée avec application... Sans doute un problème de seconds rôles, constamment sacrifiés et souvent sans grand intérêt malgré un joli casting : Chantal Lauby, Charlotte de Turckheim, Zoé Félix... à l'image de Gaëlle Bona, que l'on fait apparaître
trois minutes pour la revoir dans les tout derniers instants :
maladroit.
Surtout, alors que l'œuvre réussissait jusque-là à cultiver une relative singularité, voilà qu'elle préfère se vautrer dans
un dénouement ô combien consensuel que personne ne lui avait réclamé (surtout pas moi), en mode « la famille, y a que ça de vrai » : putain, tout ça pour ça...
Bref, s'il n'est vraiment pas interdit d'avoir une certaine tendresse pour cette comédie dramatique plutôt au-dessus de la moyenne hexagonale, dommage qu'en définitive, elle ne parvienne jamais à être le film d'une génération qu'elle semblait vouloir, pouvoir être, sans doute pas aidé par sa logique bobo poussée un peu trop loin... Mitigé, donc.