Si Soderbergh continue d'expérimenter, il faut bien avouer qu'il ne prend plus autant de risques qu'à ses débuts (maintenant, son expérimentation est d'ordre technique, il aura été parmi les premiers volontaires à filmer avec un téléphone un projet de grande envergure).
Quelle claque. Les interviews qui ouvrent le film sont déjà assez fortes, le monologue de Spalding Gray continue dans ce sens, jusqu'à un final assez inattendu. C'est en même temps très drôle et très riche, tant la mémoire et le ton de Gray fourmillent d'anecdotes et d'humour. Soderbergh parvient à bien découper ce récit avec des moyens cinématographiques, si bien que la narration passe comme du beurre au cul, sans jamais ennuyer.
La mise en scène est on ne peut plus inspirée, et ce de façon pertinente : Soderbergh joue avec son image, propose une photographie très travaillée, en adéquation avec le fond (chose qu'il fait de moins en moins). La caméra bouge bien, les effets de lumière sont maitrisés. Et puis Spalding est excellent, il est drôle et touchant en même temps.
Bref, excellent film, excellent docu ; j'aimerais bien que Soderbergh revienne à un projet plus fou (et qu'il délaisse un peu ses récits sur le fric et les inégalités sociales ou alors qu'il continue mais avec un style plus déjanté comme ici ou dans Schizopolis).