Greenland avait su créer une relative surprise par son regard porté sur l’humanité face à l’anéantissement, préférant l’intime au spectaculaire. Migration reprend ce point de départ cinq ans plus tard, et semble d’abord vouloir prolonger cette approche. La première partie déjoue les attentes : là où l’on anticipe un film catastrophe classique, le récit s’oriente vers un véritable film post-apocalyptique, centré sur la reconstruction, la quête d’un sens et d’un nouveau foyer pour les survivants.
Cette promesse initiale s’effondre pourtant rapidement. Migration s’enlise dans les archétypes les plus éculés du genre, renouant avec une vision simpliste et cynique de l’humanité, incapable de s’unir autrement que par la domination et la lutte pour le pouvoir. L’écriture se révèle paresseuse, multipliant les situations convenues, les retournements artificiels et les coïncidences scénaristiques qui affaiblissent toute crédibilité dramatique.
Le film prétend interroger l’héritage de l’humanité, mais se contente d’une morale lourde et contradictoire, jamais réellement mise en tension par le récit. À force de facilité et de raccourcis narratifs, Migration vide son propos de toute portée philosophique, donnant l’impression d’un discours plaqué plutôt que pensé. Un constat d’autant plus frustrant que le film laissait entrevoir, dans ses premières minutes, la possibilité d’une réflexion plus ambitieuse sur la survie et la reconstruction.