Sa passion dévorante pour les grizzlys aura fini par le bouffer (au sens propre comme au figuré).

Pendant près de 15 ans, Timothy Treadwell s’est évertué à protéger les grizzlys présents dans le parc national de Katmai, en Alaska. Après leur avoir consacré d’innombrables années, lui et sa femme furent retrouvés à moitiés dévorés par les ours à qui il avait consacré une partie de sa vie.


Avec ce film, Werner Herzog (La Grotte des rêves perdus - 2011) tente de comprendre l’obstination que vouait Timothy à ces ours. Celui qui aimait s’appeler « le gentil guerrier » est parvenu à surmonter bien des choses et à faire découvrir son combat par le biais de son association ("Grizzly People") et des nombreux cours ou conférences qu’il donnait chaque année.


Ce qui est passionnant avec ce film, c’est qu’il est essentiellement constitué d’images d’archives, filmées par Timothy Treadwell. En effet, ce dernier a, pendant de nombreuses années, passé ses journées à se filmer entouré d’animaux (grizzlys ou renards). Il aimait se mettre en scène et tenir un journal de bord (sous forme de vidéos). Ce documentaire ne se contente pas d’aligner les reconstitutions ou les commentaires de protagonistes ayant côtoyé Timothy, c’est une véritable immersion dans la psychée de cet homme. On découvre alors un écologiste controversé et charismatique, capable d’encenser les animaux qui l’entourent et dénigrer les gardes forestiers. A force de vivre reclus, loin de toute civilisation, à se parler à lui-même face caméra, il a fini par sombrer dans une dévotion certes sincère mais dévorante, aussi bien au sens propre qu’au figuré.


Timothy Treadwell est à l’image du film de Sean Penn : Into the Wild (2008). Cet homme a fui la civilisation pour vivre auprès des grizzlys. Après un passé tumultueux (un acteur raté, rongé par l’alcool et la drogue), il parvient à revivre auprès des ours. Ce sont eux qui lui ont sauvé la vie, mais hélas, ce sont aussi eux qui la lui ont reprise.


Malgré son côté éminemment voyeuriste

(lorsque le médecin légiste explique par de grands gestes, la façon dont Timothy a été dévoré ou lorsque Werner Herzog écoute la bande audio du moment fatidique),

Grizzly Man (2005) n’en reste pas moins un superbe film et dresse un magnifique portrait d’un personnage haut en couleur.


(critique rédigée en 2009, actualisée en 2025)


http://bit.ly/CinephileNostalGeekhttp://twitter.com/B_Renger

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le 7 mai 2025

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RENGER

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