On a tous dans notre vie, à un moment, admiré un fou. Une personne tellement hors-sol qu'elle en devient exceptionnelle. C'est finalement ce que je ressens pour Timothy Treadwell...
Notre bon vieux Werner sait lui aussi qu'il est en présence d'un être singulier, qu'il présente bien volontiers comme un "cinéaste" passant ses étés en se filmant au milieu des ours. Un être défendant corps et âmes les animaux et la nature. C'est justement ces derniers qui vont le mener à sa perte.
Herzog nous brosse le portrait d'un militant de la cause animal, d'un homme rongé peu à peu par la folie. Se mettant en danger quasi quotidiennement pour être au plus proche des ours, car pensant que la nature comme intrinsèquement bonne. Il se trompe, elle est indifférente.
Savoir comment Tim a fini, c'est à dire déchiqueté à mort avec sa copine par ces grizzlis qu'il aimait tant, donne une résonance énorme à ses dizaines d'années de filmage. Werner Herzog reprend son œuvre et essaye de comprendre cet homme.
Il en résulte un film incroyable sur la nature et les hommes. Les vidéos de Treadwell couplées à l'analyse d'Herzog offre un moment unique, où beauté et violence s'entremêlent.
Tant de scènes mémorables… Herzog qui exhorte l'amie de Treadwell de détruire la cassette qu'il vient d'écouter, où l'on entend le couple mourir des griffes des ours. Peut-être l'une des scène les plus marquantes de ces 50 dernières années, car elle est vraie. C'est l'une des forces du genre documentaire.
Après la terreur, des moments de grâce, comme ceux où Treadwell se filme accompagné de renards, une véritable ode à la nature.
Le film se finit avec cette même dichotomie. Le légiste d'un côté, cru, expliquant les horribles blessures de Tim. Puis sur ce dernier, marchant, accompagné de ses renards et des ours qu'il chérissait tant.
Merci Werner Herzog de m'avoir permis de voir une telle œuvre et merci de m'avoir fait aimer ce "fou du train" du nom de Timothy Treadwell.