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Assurément amoral
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Peckinpah de mon nom, alors oui je sais, je ne suis pas un exemple, mon C .V est entaché de 2 ou 3 incartades, mais si aujourd'hui je viens au tribunal du nouvel Hollywood, c'est pour vous expliquer que je ne suis pas foncièrement mauvais, et que malgré tout ça, mon cinéma, eh bien ma foi, aujourd'hui, beaucoup de gens s en sont inspirés sans jamais l'égaler, alors, prenez un cigare et un whisky, détendez vous dans un rocking chair, comme le type dans « la prisonnière du désert », et laissez moi, en quelques mots, vous expliquez qui je suis, ce que j'ai fait, et mes alibis.
Au début, j'ai été figurant dans 2 ou 3 films, et réalisateur de séries par ci par là, histoire de mettre un pied dans le cinéma, parce qu'Eastwood n'a rien à m'envier, et parce que pour se faire un nom, il faut bien commencer quelque part.
J'en viens au film qui a tout chambouler, celui que l'on rêve de faire, mais qu'on ne réalisera jamais, une sorte de chimère inaccessible, un eden perdu, parce que moi j'ai un eden que l'on retrouve dans tous mes films, et il a un nom, il s'appelle « Mexique », oui ce pays je le désire plus que je ne chéris ma caméra .
Mais revenons en à nos moutons, « la horde sauvage » est aujourd'hui considéré comme un western crépusculaire, c'est la fin d'une époque où toutes les cartes sont rabattues, et c'est là que mes ennuis ont commencé, pensez donc, en un film, j'ai révolutionné le genre, avec des ralentis qui aujourd'hui font école, je pense à John Woo et « The Killer » de 1989, je pense au jeune Tarantino qui à 6 ans est allé voir ce film, et qui par la suite, m'imitera avec des fins plus sanglantes les unes que les autres (Les huit salopards, Django Unchained).
Mais la suite est encore plus palpitante, deux ans après, je sors « les chiens de paille », film qui a fait couler beaucoup d'encre parce qu'à l'époque, comme aujourd'hui d'ailleurs, il y'avait des frileux qui ne comprenaient pas que le viol que je filmais, Susan Georges voulait et ne voulait pas en même temps, parce que c'est ça l'ambiguité d'un personnage, parce que j'ai laissé ma bien pensance au vestiaire avec mes gants de boxe, parce que les monteurs qui s'occupent de mes films s'arrachent les cheveux avec mes films, la vie est un long combat.
Aujourd'hui, je suis là avec « Guet Apens », où la violence est omniprésente, et elle contamine même les enfants, c'était déjà le cas au début de « la horde sauvage » avec les scorpions et les fourmis.
Parce que la violence, tout comme chez Paul Verhoeven,que l'on surnomme « le hollandais violent », hasard ? Je ne crois pas, cette violence est partout, il suffit d'allumer la télé pour le constater. Alors ne dites pas que mon cinéma fait l'apologie du viol ou de la violence gratuite, il est juste le reflet d'un monde qui n'a jamais changé, et qui ne changera jamais.
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le 24 févr. 2026
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