Pour l’essentiel, « William Tell » reste coincé dans plusieurs entre-deux, et dans des modes de mise en scène.
Il est bien trop violent et dérangeant pour les jeunes enfants, mais paraît un peu trop « pop-corn » pour tenir la route comme drame épique sérieux.
Malgré le plaisir réconfortant de regarder des scènes de bataille à l’ancienne, menées à coups d’épées, de haches et d’arbalètes, le film d’action du réalisateur Nick Hamm, lauréat d’un BAFTA, recycle le spectacle galvanisant des épopées d’antan sans avoir grand-chose de neuf à raconter.
William Tell est le plus assuré quand Bang peut s’abandonner à une bravade pulp, avec de longs beuglements de « Non ! » et « Allez ! », et une impressionnante carrure de 1,93 m.
C’est l’homme le plus grand de toutes les Alpes ; dans un film aussi idiot et simpliste que celui-ci, bien sûr que cela fait de lui le héros.
Le résultat, comme on l’avait laissé entendre plus tôt, est une série B haut de gamme qui aurait tourné en boucle sur le câble, sur TNT ou USA Network, comme film de fond dans les années 2000.
Et il y a quelque chose de vraiment amusant à voir des cinéastes vouloir replonger un orteil dans ces eaux-là.
Mais, pour que ce genre fonctionne, il faut que ce soit moins boursouflé que cela et, plus important encore, que ça ne se termine pas en aguichant une suite.
William Tell est un film rare dont je soutiendrais qu’il aurait dû être plus long.
S’il est une histoire qui pourrait justifier une durée de trois heures, c’est bien William Tell, et le rythme aurait énormément gagné à cette longueur.