Francesco, architecte marié italien, débarque à Istambul pour négocier la vente d'un vieil hammam hérité d'une tante décédée. Peu à peu, tandis qu'il se lie d'amitié avec la famille qui l'accueille, il découvre les traditions de cet autre peuple méditerranéen. Il se prend d'affection pour le bâtiment qu'il entreprend de rénover, inspiré par la lecture des lettres de sa tante, elle aussi conquise en son temps par cette ville aux coutumes bien éloignées de son Italie natale.
L'atmosphère du film est calme et apaisante. Istambul est d'ailleurs qualifiée de "silencieuse". La très belle musique d'inspiration turque, rythme néanmoins l'intrigue. Une large part est à juste titre laissée aux non-dits, thème essentiel dans le film.
J'apprécie que, pour une fois, le changement d'orientation sexuelle ne soit pas traité comme une rupture, mais plutôt comme une convergence, apaisante, vivifiante peut-être même. Le hammam est présenté paradoxalement comme un lieu de convergence pour soi-même, car permettant de vivre ses désirs cachés, tout en menant une vie équilibrée en dehors... tant que les deux univers ne coïncident pas... C'est sans doute leur confrontation, peut-être inévitable, qui conduit au drame.