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Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume du Biopic. Avec Hamnet, Chloe Zhao signe son "Shakespeare in Loss" où la vie, 25 ans après Shakspeare in Love, vient expliquer à nouveau l’œuvre du Barde de Stratford. Le regard vide dans le lointain, Paul Mescal (Shakespeare) tombe amoureux, fait trois enfants à sa femme et disparaît du film, laissant place au contrechamp (partiellement fictionné) de sa vie d’artiste : Agnès, son épouse, à moitié sorcière, prépare des onguents, accouche dans les souches, bave, crie et pleure lorsqu’Hamnet, son puîné, meurt à 10 ans de la peste bubonique. Le carton d’ouverture, évoquant la paronymie entre le fils de Shakespeare et sa plus célèbre pièce, n’en fait pas mystère : Hamnet sera l’histoire d’une catharsis, où l’artiste maudit transfigure sa honte de père absent en un chef-d’œuvre intemporel. Il y aurait matière à un beau mélodrame qu’esquissent les trente dernières minutes, entièrement centrées sur la représentation d’Hamlet. La charge biographique dote le texte d’une signification nouvelle, dont on ne peut nier le pouvoir herméneutique, à même de recueillir l’émotion du spectateur.
La simplicité du dispositif (donner le poids de l’évidence aux mots de Shakespeare) jette, par contraste, un discrédit définitif sur la manière apprêtée de Chloé Zhao : les cadrages symétriques aux lumières ciselées, la pesanteur de la mise en scène figeant les comédiens en statues de cire, l’unanimisme de son finale face au public larmoyant du Globe Theater sont autant de témoignages d’un regard compassé et, in fine, moins intelligent que les potentialités de son sujet. D’où, aussi, l’artificialité de la structure narrative, laissant croire à tort pendant les trois quarts du récit qu’Agnès, femme libre incarnée dans un surjeu permanent par Jessie Buckley, serait la véritable héroïne du récit. Zhao utilise la folie et la souffrance du personnage comme autant de prétextes pour son acmé émotionnelle finale, dans un geste en définitive bien peu féministe. Preuve en serait la bizarre naïveté, sinon la bêtise, de cette femme de la forêt mariée au plus grand dramaturge de son temps, mais incapable de distinguer le vrai du faux, le réel de la fiction, au point d’engueuler les comédiens lors de la représentation, comme si la rampe s’était évaporée sous ses yeux. C’est qu’elle est aussi miroir tendu au spectateur, censé lever les préventions de sa raison pour s’abandonner, à la manière des héros panthéistes du film, aux spectacles de la beauté sensible. C’est alors, plus que la bêtise, l’inocuité politique d’une telle vision du monde, qui finit par choquer.
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le 24 janv. 2026
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