Une jeune institutrice, originaire de Boston, arrive pour son premier emploi dans la ville de Dallas, au Texas, et elle va découvrir quel autre monde elle va découvrir, entre la culture des armes à feux, le côté masculiniste, ainsi que la violence intrinsèque des lieux, notamment en rencontrant un homme. Texan jusqu'au bout des ongles, mais elle va être charmée par ce type, qui va lui révéler sa face sombre en voulant la violer sous la menace d'une arme.
Collaborateur de Ken Loach durant plus de dix ans, Tony Garnett a voulu sortir des ornières de la production, qu'il ne quittera jamais vraiment sur le reste de sa carrière, en tentant sa chance en Amérique, après un premier film anglais, Prostitute, qui avait fait grand bruit à l'époque. Là, il tourne sur les lieux mêmes de l'action, à Dallas, dans un côté presque documentaire, je dirais un côté sociologique à la Ken Loach, avec Karen Young, pour qui c'était son premier rôle, qui découvre cet état comme nous spectateurs. On pourrait parler du film comme étant un rape and revenge, mais le résultat est plus subtil que ça, car pour reprendre une métaphore utilisée dans l'histoire, la jeune femme va totalement se réinventer pour se mettre en chasse et ainsi se venger de cet homme qui a abusé d'elle, scène dont on ne voit que l'après, mais dont le plan est glaçant.
Il y a même un moment où, pour accentuer cette transformation, elle va décider de se couper les cheveux, ce qu'on voit en temps réel, la faisant passer d'une jeune fille ingénue, qui parait bien plus frêle que son âge, à quelqu'un qui a presque vieilli d'un seul coup, obnubilée par son désir de vengeance, jusqu'à embrasser la passion des armes, qui semble être un sacerdoce texan, sous les yeux des hommes qui paraissent impressionnés par le talent inné de cette femme lors de ses essais lors du stand de tir.
Le film est non seulement passionnant pour ce côté découverte d'un autre monde mais aussi pour les clichés qu'il veut éviter par rapport au genre, je pense bien entendu au Justicier dans la ville, et il est dommage que Handgun ait été un échec, ce qui peut s'expliquer aussi parce que la Warner, qui devait le distribuer, l'a refilé à un autre studio plus petit de peur d'être en opposition avec un de ses poulains, Clint Eastwood, qui allait sortir à ce moment-là Sudden Impact. Tony Garnett quant à lui, retournera dans la production aux Etats-Unis puis en Angleterre pour devenir une sorte de Ken Loach du côté de la télévision. Mais il laisse en tout cas un film très fort, très dur, mais à voir.