Pile dix ans après l'incroyable succès du Silence des Agneaux, qui révéla Anthony Hopkins au rang des plus charismatiques et des plus mémorables méchants du cinéma, sort sa suite toujours tirée du roman de Thomas Harris. Intitulée Hannibal, elle narre les mésaventures de Clarice Starling face à un Hannibal Lecter depuis belle lurette échappé et dont la rencontre est inévitable. Un nouveau jeu de chat et de la souris en somme, mais plus vaste et plus complexe. Le roman était fantastique, bien que différant de son prédécesseur ; le film l'est nettement moins...


En premier lieu, c'est un réel plaisir de retrouver Anthony Hopkins dans la peau du célèbre cannibale, ça l'est moins de voir Julianne Moore dans celle de Clarice, l'actrice s'en sortant très bien mais n'arrivant certainement pas à la cheville de la mémorable Jodie Foster. Le reste du casting est tout aussi brillant, du trop rare Ray Liotta à l'Italien Giancarlo Giannini, parfait en vieux flic désespéré, sans oublier Gary Oldman, non-crédité au générique, méconnaissable sous le maquillage du diabolique Mason Verger. Hélas, si le long-métrage respecte la trame originale du roman, il l'édulcore énormément, supprimant des personnages importants, retirant de nombreuses scènes et surtout, modifiant totalement la fin du livre, ce qui enlève toute sa puissance destructrice.


Réalisé par Ridley Scott, le long-métrage ne convainc hélas jamais. Là où Le Silence des Agneaux était pesant, prenant, sordide et psychologiquement dérangeant, cette séquelle est tout son contraire, soit gore, simpliste, sans rien au-delà. Hannibal oublie donc le côté purement dramatique inédit instauré par Harris pour se contenter de livrer ce que les fans veulent, c'est-à-dire du sang et une enquête policière réduite à son plus simple aspect. Toutefois, si comparaison avec le roman il n'y a pas, le long-métrage demeure un bon film en soi, multipliant les scènes mémorables.


Le film met également en avant un Hannibal en liberté, nous montrant ses mœurs et sa vie sociale huppée tel un loup au milieu des agneaux, toujours aussi manipulateur et déstabilisant. Au final, Ridley Scott livre une adaptation simpliste d'un roman grandiose, l'amenuisant au maximum pour un faire un produit hollywoodien sobre et compacté qui ne manque cependant pas d'un certain panache.

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le 2 avr. 2019

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