Un beau film optimiste, un peu trop béatement optimiste mais qui met du baume au coeur : on peut toujours rêver en effet au grand nettoyage de printemps de la banlieue poubelle et à l’éradication de la racaille qui y grouille, cela restera un rêve inutile… En attendant, voilà une fantaisie très divertissante avec ce Harry Callahan à la retraite à moins que ce ne soit ce cher Harry Palmer ?…
Michael Caine, incroyable acteur, lui donne une épaisseur et une humanité remarquables, un rôle sur mesure qui n’est pas sans rappeler Gran Torino évidemment bien que le style des deux films soit résolument différent dans leur traitement pourtant commun du papy dans la ville. Mais en nettement mieux ici, bien heureusement !
La mise en scène est en tout cas remarquable par sa rigueur et son efficacité, accompagnée par une musique discrète et soignée. Entre nostalgie et amère lucidité, le film dénonce et souligne une réalité déjà abjecte tout en demeurant en deçà de celle-ci. Choqués vous êtes ? non, non, il effleure seulement le pourrissement terrifiant de la situation.
Car c’est partout pareil, y compris au Royaume-Uni ! ou bien ici ou ailleurs. Alors en définitive, c’est la bonne méthode Harry, c’est comme ça qu’il faut faire, mon vieux : tu prends ton soufflant et tu fais le ménage, bordel de merde !